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Le massif de l’Authion est un point stratégique important de l’avancée de Nice, face à la frontière italienne. Il se situe à la tête des vallées de la Vésubie et de la Bévéra.

Dès le 12 février 1877, le Ministre de la Guerre rappelle dans une dépêche Ministérielle, le rôle qu’avait joué pendant la révolution de 1792 à 1794 cette importante position, et reconnaissait qu’elle devait former la base de la défense active éloignée de la région et qu’il était par la suite d’une importance capitale de la mettre en communication facile avec la place forte Nice, considéré comme le réduit de la résistance. Rapidement, des routes y sont aménagées, pour permettre à l’armée d'occuper à la période estivale puis toute l’année, cette position, d’où l’on peut contrôler les routes supérieures des vallées de la Roya et de la Vésubie, pour empêcher une invasion italienne par le nord de la place forte Nice

En 1881, des projets voient le jour pour l’établissement d’ouvrages permanents qui doivent servir de point d’appui aux troupes mobiles. Les premières fortifications sortiront de terre à partir de 1887, juste après la crise de l’obus torpille, en améliorant les anciennes redoutes Sardes avec la construction des ouvrages de la Forca et des Mille-Fourches et en construisant des batteries d’artillerie de campagne à la batterie du plan Caval et à la pointe des Trois Communes.

Dans les mêmes périodes, vers 1890, une caserne pour un bataillon sera construit à Peïra-Cava et six baraquements défensifs au plan Caval, à la pointe de l’Authion près des trois Communesaux Cabanes Vieilles, à l’entrée de l’ouvrage de la Forca, à l’entrée de l’ouvrage des Mille-Fourches et à Turini à 4 kilomètres de la Baisse de Tucïo.

Pour protéger les munitions des bombardements, un magasin central et un magasin de secteur seront édifiés à Peïra-Cava et au Camp d’Argent.

En 1897, la défense de ce secteur est renforcée avec la construction de la redoute des Trois Communes placée sur une pointe à l’extrémité nord du massif.

À la veille de la Grande Guerre, les troupes mobiles peuvent défendre ce secteur en s’appuyant sur les différentes fortifications mises en place, afin de se déplacer rapidement sur les vallées de la Vésubie et de la Bévéra pour contrôler la route de Coni.

Pendant la Grande Guerre, l’Italie s’allie avec la France en 1915 et les troupes du massif de l’Authion sont envoyées sur le front.

 

Dans les années 30, les tensions avec l’Italie réapparaissent et plusieurs projets prévoient d’améliorer les fortifications existantes (Mille-Fourches, Forca et Trois Communes) dans le cadre de la construction de la ligne Maginot, mais aucun ne sera concrétisé.

En 1938, les premiers travaux importants commencent sur le massif au plan Caval avec la construction d’un ouvrage Maginot, mais il ne sera pas terminé à la veille du Second Conflit Mondial.

 

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Italiens occupent le massif, puis les Allemands à partir de 1943, qui s’y retrancheront en avril 1945, bien après le débarquement de Provence.

La guerre est proche de la fin, le Général De Gaulle souhaite que Tende et La Brigue soient rattachées à la France, en forçant la main aux alliés, hostiles à une modification de la frontière.

À partir du 9 avril, d’importants combats ont lieu pour chasser les Allemands et pour repousser la frontière, par la 1re Division Française Libre et le 1er Régiment de Fusillers Marins. Le massif de l'Authion et ses fortifications seront libérés le 12 avril, la bataille se terminera le 14 après la libération de la ville de Tende. Mais, les conséquences sont très lourdes pour reprendre le massif fortifié pour les Français, près de 245 soldats y périront et il y aura près de 644 blessés. Du côté Allemands, on déplore une centaine de victimes.

 

En 1947, les villes de Tende et de la Brigue seront rattachées à la France ce qui repousse la frontière de quelques kilomètres, le massif de l’Authion perd ainsi son intérêt stratégique.

Aujourd’hui, les fortifications du massif se trouvent en pleine réserve naturelle du Parc du Mercantour. Les baraquements et les fortifications font parties d’un circuit de mémoire qui rappelle les différents combats qui ont eu lieu en 1945.

Photo des combats sur le Massif de l’Authion en 1945 © Tous droits réservés

Les casernements des Cabanes Vieilles pour les soldats qui occupent le massif.

Cliché VAUBOURG Julie