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La redoute ou blockhaus de la Pointe des Trois Communes et les baraquements de la Tête de l’Authion

La redoute des Trois Communes est un ouvrage d’infanterie construit à 2080 mètres d’altitude sur la Pointe des Trois Communes, sommet le plus au nord du Massif de l’Authion. Elle est placée à la place de l’ancienne batterie d’artillerie de campagne.

Cette fortification atypique, possédant une architecture féodale, se compose d’une tour d’infanterie édifiée sur 4 niveaux et entourée d’un fossé sec.

Elle est bâtie après la crise de l’obus torpille et après l’adoption du béton armé par l’armée française en 1897, ce qui lui permet d’être la première et l’une des rares fortifications Alpines, avec la batterie de Vulmix, la batterie XII, le fort du Janus et l’ouvrage du Gondran C, à avoir ce type de maçonnerie qui résiste aux nouveaux obus.

Jusqu’à la Grande Guerre, le béton armé sera surtout utilisé dans les fortifications du Nord-Est de la France, dans les secteurs de Verdun, Toul, Épinal et Belfort.

La redoute des Trois Communes sera construite sur trois ans. Les travaux de bétonnage nécessiteront 176 heures de chantier ininterrompues, du 10 au 17 septembre 1898, grâce à deux équipes d’ouvriers au lieu de trois prévues par manque de main d’œuvre. Elles se relayeront toutes les 8 heures et travailleront dans des conditions très éprouvantes.

Le bétonnage des parois verticales  (47 couches de 15 cm) durera 110 heures du 10 septembre à midi au 15 septembre à 2 heures du matin.

Le bétonnage de la terrasse (12 couches dont 3 avec armatures en barres d’acier) durera 39 heures, du 15 septembre à 2 heures du matin au 16 septembre à 17 heures.

Le bétonnage du mur à bahut (12 couches) durera 22 heures du 16 septembre à 17 heures au 17 septembre à 15 heures.

Le bétonnage de la calotte de l’escalier (18 couches) durera 5 heures, le 17 septembre de 15 heures à 20 heures.

La nuit, le chantier était éclairé grâce à quatre lampes Wells provenant des parcs sur rails des sapeurs du chemin de fer.

En tout, près de 4550 barres d’acier seront coulées dans l’ouvrage pour améliorer sa résistance. Seul, le côté de l’entrée le moins exposé aux bombardements sera construit en pierres de taille afin de diminuer le coût de construction de l’ouvrage.

La mission de la redoute est de contrôler l’ancienne frontière et la crête de l'Ortiguié qui conduit au col de Raus. Elle doit aussi protéger cette position où elle est placée pour ralentir un assaut d’infanterie sur la batterie du plan Caval, l’ouvrage de la Forca et celui des Mille-Fourches.

 

Cette redoute possède à proximité 4 baraquements défensifs de la Tête de l’Authion construits vers 1886, comprenant le logement d’une compagnie, soit 4 officiers, 10 sous-officiers, 224 hommes, 2 chevaux et les accessoires : cuisines de troupe et d’officiers, magasins aux vivres, citernes. Ces baraquements sont identiques à ceux construits au Plan Caval.

L’armement de la redoute à la veille de la Grande guerre

 

Pièces de rempart de l’ouvrage

Les abords de l’ouvrage sont défendus aux fusils

depuis la terrasse ou depuis les différents créneaux de tirs

 

Cuirassements et casemates

Aucun

 

Défense des fossés

Pas de pièce de rempart, L’armement se compose de fusils 

 

 

Total 0 pièces d’artillerie

 

Les différents éléments extérieurs sur le massif de la redoute en 1914

 

Batteries d’artillerie

Deux batteries N°1 et N°2 de campagne sont prévues à la mobilisation sur la Tête de l’Authion. Elle doivent être armées avec des pièces de campagne de 80 ou de 90.

La batterie N°1 doit contrôler le ravin de la Planchette,

le Col de Raus et la Cime de Raus.

La batterie N°2 doit contrôler la cime de Tuor, le col de Raus, la cime de Raus et les origines du ravin de Caïros.

Une batterie de campagne est prévue à la mobilisation entre la redoute et le plan Caval, elle doit être armée avec des pièces de campagne de 80 ou de 90.

 

Ouvrages d’infanterie

Quatre baraquements défensifs sur la Tête de l'Authion sont prévus pour 4 officiers, 10 sous-officiers, 224 hommes et 2 chevaux.

Plusieurs retranchements et postes avancés sont prévus à la mobilisation.

 

Abris de combat et abris cavernes

Aucun

 

Dépôts intermédiaires

Aucun

 

Magasins de secteur

Aucun

Projet de modernisation

 

· 1881 Projet de construction d’une batterie type ouvrage intermédiaire pour occuper la position.

· 1898 Projet de construction à proximité, d’un deuxième blockhaus rectangulaire sur 4 niveaux ayant le même style d’architecture féodale.

· 1898 Installation d’une grille défensive sur tout le tour du fossé.

 

 

 

Modernisations

 

· Pas de modernisation

En 1914, la redoute de la Pointe des Trois Communes est un ouvrage modernisé de première catégorie possédant des locaux protégés en béton armé capables de résister à la mitraille, aux éclats d’obus et au obus de faible calibre (90 mm). Il appartient à la 15 ème région et son armement principal se compose de fusils.

Equipement de la redoute en 1914

L’entrée de la redoute marquée par les combats d’avril 1945.

© VAUBOURG Julie

La cage d’escalier qui permettait de relier les différents niveaux de la redoute.

©VAUBOURG Julie

La construction de la redoute en août 1898 © Tous droits réservés

La redoute après la Grande Guerre

 

- En 1932, un projet prévoyait de transformer la redoute en blockhaus Maginot, en diminuant la hauteur de la tour en supprimant un étage, mais ce projet ne sera pas concrétisé.

- Pendant le Second Conflit Mondial, l’ensemble fortifié est occupé par les troupes qui stationnent dans le secteur puis par l’occupant.

- En avril 1945, les Allemands se retranchent dans la redoute. Il faudra d’importants combats à partir du 10 avril, par la 1re Division Française Libre et le 1er Régiment de fusillers marins pour libérer les fortifications du secteur.

- Le 12 avril en fin d’après-midi, après la libération de l’ouvrage de la Forca, 5 volontaires de la 1ère DFL dont le Caporal Césaire Le Mercier du 1er Bataillon d’infanterie de Marine partent à l’assaut, appuyer d’un char pour libérer la redoute. Arrivés devant le pont-levis après 19 heures, 38 Allemands se rendent en hissant un drapeau blanc. La dernière des fortifications du Massif de l’Authion vient d’être libérée.

- Après la bataille, la redoute sera totalement ferraillée et tous les éléments métalliques disparaitront.

- Aujourd’hui, le site qui se trouve dans la réserve naturelle du Mercantour est à l’abandon. Son accès y est interdit et dangereux.

La redoute à la fin du chantier de bétonnage en 1899

© Archives départementales des Alpes-Maritimes côte 10FI 4648

Armement de le redoute et cuirassements installés entre 1901 et 1913

Etat de la redoute pendant la Première Guerre Mondiale

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, la redoute est utilisée comme base arrière. Elle n’aura pas à intervenir.

Photo de la redoute entre les deux guerres

© Tous droits réservés

Les traces des combats sur la façade de la redoute © Cédric VAUBOURG

La façade en béton armé © VAUBOURG Cédric

Une chambrée pour 10 soldats. © VAUBOURG Cédric

Rectangle à coins arrondis: Haut de page

La façade en pierres de taille du côté de l’entrée © VAUBOURG Julie

Les traces des combats d’avril 1944 © VAUBOURG Julie

Le côté guerre en béton armé et ses créneaux de fusillade © VAUBOURG Julie

Les latrines de la redoute © VAUBOURG Cédric

Le côté guerre en béton armé et ses créneaux de fusillade © VAUBOURG Julie

L’emplacement du four à pain entièrement détruit au sous-sol © VAUBOURG Cédric

Un calorifère au sous-sol © VAUBOURG Julie

Le rez-de-chaussée de la redoute où se trouvait la cuisine et le magasin au charbon © VAUBOURG Cédric

Une chambrée pour 2 hommes près de la prison au rez-de-chaussée © VAUBOURG Cédric

La salle commune à l’étage pouvant loger 6 soldats © VAUBOURG Cédric

Une chambrée à l’étage pour 10 hommes © VAUBOURG Cédric

Vue sur la redoute © VAUBOURG Julie

Vue sur la redoute depuis les baraquements© VAUBOURG Julie

Vue sur la redoute © VAUBOURG Julie

Les baraquements de la Tête de l'Authion sur le chemin d’accès  © VAUBOURG Julie

Vue sur la redoute depuis le chemin d’accès© VAUBOURG Julie

Les baraquements de la Tête de l'Authion  sur le chemin d’accès  © VAUBOURG Julie

Les baraquements de la Tête de l'Authion et la redoute © VAUBOURG Julie

Les baraquements de la Tête de l'Authion sur le chemin d’accès  © VAUBOURG Julie

La prison et la salle pour loger 2 soldats © VAUBOURG Cédric

Dates de construction

Coût des travaux en 1914

 

Effectif

· 1897 - 1899

· 121 700 Frs

 

· 1 officier et 2 sous-officiers

· 48 hommes de troupe

Capacité du casernement à l’épreuve

Capacité des casernements en maçonnerie

Capacité du magasin à poudre

 

Capacité du magasin aux cartouches

 

 

· 51 couchées

· Aucun

· Aucune

· Plusieurs magasins à munitions

Cuisine

Boulangerie

Puits et citernes

 

Pont de l’entrée principale

· 1 cuisinière de marque François Vaillant

· 1 four en brique d’une capacité inconnue

· 2 citernes d’une contenance inconnue placées au sous-sol de la redoute

· 1 pont-levis à bascule en dessous

Communication liaison optique

 

Communication télégraphe électrique

 

 

Eclairage en 1914

 

· Aucune

· Avec l’ouvrage de la Forca grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907.

· Lampes à pétrole et à bougie pour l’intérieur de l’ouvrage.

 

1901

1913

Pièces de rempart de l’ouvrage

Les abords de l’ouvrage sont défendus aux fusils

depuis la terrasse ou depuis les différents créneaux de tirs

Cuirassements et casemates

 

Défense des fossés

Les abords de l’ouvrage sont défendus aux fusils

Nb de pièces

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