La batterie de Vulmix est un ouvrage d’interdiction bâti au sud ouest de la place de Bourg-St-Maurice à 1050 mètres d’altitude. Elle est construite sur un plateau au pied du massif montagneux de Roignais, entre les torrents de l’Arbonne et de l’Armente. Son rôle est de battre la Vallée de l’Isère en amont de Bourg-st-Maurice et de rendre inutilisable pour l’ennemi les routes qui débouchent de la vallée de Versoyen (routes du col de la Seigne) et celles qui descendent du col du Petit St Bernard (routes qui suivent la rive droite du Reclus). Cette batterie est protégée par le fort du Truc qui interdit les positions que l’ennemi pourraient aménager sur les hauteurs qui la dominent.

 

L’armement de la batterie à la veille de la Grande guerre

 

 

Pièces de rempart de la batterie

1 section de 2 mitrailleuses de rempart  approvisionnée de 43200 cartouches par section.

1 section de 2 mitrailleuses de campagne approvisionnée de 43200 cartouches par section.

 

Cuirassements et casemates

2 tourelles de mitrailleuses GF4 armées chacune de 2 mitrailleuses Hotchkiss

approvisionnées de 57600 cartouches.

1 casemate de Bourges armée de  2 canons de 95 sur affût de côte

approvisionnée à 600 coups par pièce.

3 casemates d’artillerie bétonnées armées chacune de 2 canons de 120 long sur affût SP approvisionnées de 700 coups par pièce

1 observatoire bétonné

 

Défense des fossés

1 caponnière double de gorge sous l’entrée de la batterie défendue aux fusils

pour la défense des fossés

1 coffre simple de contre-escarpe défendu aux fusils pour la défense des fossés

1 coffre double de contre-escarpe défendu aux fusils pour la défense des fossés

 

 

Total 16 pièces d’artillerie

 

 

Les différents éléments extérieurs à proximité de la batterie en 1914

 

Batterie d’artillerie

Aucune

Ouvrages d’infanterie

Aucun

Abris de combat et abris cavernes

Aucun

Dépôts intermédiaires

Aucun

Magasins de secteur

Aucun

Divers

1 casemate de projecteur pour projecteur d’un diamètre 120 cm. Nous ne savons pas si cette casemate à reçue son projecteur.

Projets de modernisations

 

Projet de 1890

· Installation d’une tourelle Galopin double de 155L près de la caponnière double

 

Projet de 1912 - 1913

· Construction d’un casernement bétonné possédant une boulangerie ayant un four permanant de 150 rations, une cuisine, une citerne en sous sol et plusieurs chambrées équipées de lits de camp pour 2 officiers.

· Construction d’une casemate de Bourges armée de 2 pièces de 95 sur affût de côte et de 3 casemates en béton armé pour 6 pièces de 120.

· Installation de deux tourelles de mitrailleuses et d’un observatoire cuirassé de commandement et d’un réseau de grilles défensives et de fils de fer autour de l’ouvrage. Installation des portes blindées sur les ouvertures dans les cours et les casemates.

 

 

 

 

 

 

 

Modernisations

 

· 1992-1900 Installation d’une grille défensive dans le fossé

· 1913 Construction de 3 casemates d’artillerie en béton armé pour 6 canons de 120L.

· 1914 Construction d’une casemate de Bourges équipée de 2 canons de 95 sur affûts de côte.

· 1913-1914 Construction d’une usine électrique équipée comme au fort de Frouard d’un pont roulant fabriqué aux aciéries de Longwy et installation d’une casemate pour un projecteur de 120 à l’extérieur de l’ouvrage.

· 1914-1915 Installation de 2 tourelles de mitrailleuses GF4. Début des travaux de l’observatoire cuirassé qui ne recevra jamais son cuirassement et qui sera modifié en observatoire bétonné. Construction de galeries qui relient l’ouvrage aux coffres de contre-escarpe.

· 1914-mai 1915 Début des travaux du casernement bétonné mais le chantier semble être resté à l’état de fouille à cause de la déclaration de guerre.

Armement de la batterie et cuirassements installés entre 1892 et 1913

A la déclaration de guerre en août 1914, cette fortification de la 14ème région et de première catégorie ressemble à certaines fortifications du nord-Est de la France. Elle sera la seule du nord des Alpes a être équipée de tourelles cuirassées, mais cet ouvrage qui est en plein chantier n’est pas terminé car il ne possède pas de casernement pour ses hommes. Les travaux seront stoppés fin 1914.

Pourtant, l’armement de cette batterie est entièrement placé sous casemates bétonnées ou sous tourelles.

Equipement de la batterie en 1914

La classe 1904 à la batterie avant la Grande Guerre près du coffre simple de contre-escarpe

du saillant 2. Collection Lionel PRACHT

La galerie menant aux ateliers de chargement et de préparation et aux magasins à poudre. 

Cliché  VAUBOURG Cédric

En 1940, la batterie ouvrit le feu pour arrêter les Italiens près de Séez.

Aujourd’hui, la batterie est en parfait état, elle possède de nombreux vestiges comme ses deux tourelles de mitrailleuses qui sont complètes. Elle était occupée par le 7ème BCA qui s’en servait comme dépôt de matériel. Mais ce patrimoine exceptionnel vient d’être laissé par l’armée en 2013 à la commune de Bourg Saint  et devrait être aménagé en musée Alpin.

Propriété communale, son accès est interdit sans autorisation.

L’usine électrique qui possède encore son pont-roulant. Les socles des moteurs ont disparu car le niveau du sol à été remonté lors de l’aménagement en dépôt de munitions

Cliché VAUBOURG Julie

L’intérieur de la casemate de Bourges qui était armée de 2 canons de 95 sur affût de côte. 

Cliché  VAUBOURG Cédric

Vue sur l’ouvrage depuis le saillant 1. Cliché VAUBOURG Cédric

Une des deux tourelles de mitrailleuses GF4.

Cliché VAUBOURG Cédric.

Vue sur les baraquements de Vulmix.

Coll. Lionel PRACHT

La batterie de Vulmix ou batterie de Vulmis

La tourelle de mitrailleuses GF4 du saillant 4

Cliché  VAUBOURG Julie

Détail du dessous de l’entrée.  Cliché VAUBOURG Julie

L’entrée à droite et l’emplacement à gauche prévu pour le casernement bétonné.  Cliché VAUBOURG Cédric

Le treuil d’un monte charge près de l’entrée. Cliché VAUBOURG Julie

Détail du mécanisme du pont à bascule en dessous

Cliché VAUBOURG Julie

Le mécanisme du pont à bascule en dessous. Cliché VAUBOURG Julie

L’intérieur de la caponnière de gorge. Cliché VAUBOURG Cédric

L’accès à la caponnière de gorge. Cliché VAUBOURG Julie

La porte blindée de la poterne de la caponnière de gorge.

Cliché VAUBOURG Julie

Le central téléphonique Maginot aménagé dans les années 30 dans un atelier de chargement. Cliché VAUBOURG Cédric

Un atelier de chargement possédant encore sont emplacement à lampe.

Cliché VAUBOURG Cédric

Deux créneaux à lampe l’un à coté de l’autre encore en bon état.

Cliché VAUBOURG Julie

L’accès au magasin à munitions et à la caponnière de gorge.

 Cliché VAUBOURG Cédric

L’entrée et la caponnière de gorge sous l’entrée.

Cliché VAUBOURG Julie

Rectangle à coins arrondis: Suite des photos

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1892

1893

1913

Pièces de rempart

de la batterie

2 canons de 155

4 canons de 120 long

2 canons de 95

2 canons de 155

4 canons de 120 long

2 canons de 95

2 mitrailleuses de rempart

2 mitrailleuses de campagne

Cuirassements

et casemates

 

Défense des fossés

Pas de pièce de flanquement, les fossés sont défendus aux fusils.

Nb de pièces

8

8

12

Dates de construction

 

Effectif prévu 122 hommes

· 1890 - 1891

 

· 2 officiers

· 120 sous officiers et soldats logés dans le baraquement à l’extérieur de l’ouvrage

Capacité du casernement à l’épreuve

 

Capacité des casernement en maçonnerie

Capacité du magasins à poudre

Capacité des magasins aux cartouches

 

 

· L’ouvrage ne possède pas de casernement, mais il possède une capacité de 80 places couchées à l’épreuve.

· Aucun

· Inconnue mais la batterie possède un magasin en béton de chaux

· Inconnue mais la batterie possède des magasins et ateliers en béton de chaux

Cuisine

 

Boulangerie

Puits et citernes

 

Pont de l’entrée principale

· Non construite dans la batterie, mais une cuisinière de marque François Vaillant devait être installée dans les baraquements extérieurs

· Non construite

· 1 citerne de 20 m3 alimentée par une source captée à l’extérieur de l’ouvrage d’un débit de 60 litres à la minute

· 1 pont à bascule en dessous

Communication liaison optique

 

 

 

 

Communication télégraphe électrique

 

Eclairage en 1914

· Le fort du Truc depuis le parapet de l’ouvrage grâce à un appareil de calibre 10 qui fonctionnait avec une lampe à pétrole ou avec la lumière du soleil. La batterie de Vulmix devait communiquer avec les observatoires des batteries d’artillerie de Malgovert et de Courbaton une foie les travaux de ces ouvrages terminés.

· Avec le bureau Central à Bourg-Saint Maurice et le fort du Truc, grâce à un téléphone Ader et une boite de forteresse

· L’ouvrage devait recevoir l’énergie électrique fin 1914, nous ignorons si les travaux ont été menés à terme. Dans tous les cas, les locaux et organes de combats de la batterie étaient éclairés grâce à des lampes à pétrole ou à bougie. Il n’y a pas d’éclairage pour les fossés.

Etat de la batterie pendant la première guerre mondiale

 

Août 1914 - Mai 1915, les travaux de renforcement de la batterie ne seront pas terminés, le casernement bétonné ne sera jamais construit car la déclaration de guerre et le changement de camp de l’Italie qui s’alliera avec la triple Entente en mai 1915 feront stopper les travaux de fortification face à un pays qui devient un allié.

Fin 1915, désarmement progressif de la batterie suite au décret du 5 août pour envoyer les pièces d’artillerie sur le front.

En 1916, le fort est complètement désarmé.

Entre-deux guerres

 

1930-1939, pendant l’entre deux guerres, les nouvelles tensions internationales feront que cet ouvrage bétonné sera intégré dans le nouveau système fortifié de la Ligne Maginot. Des nouveaux projets verront le jour et certaines modifications seront effectuées pour réarmer l’ouvrage

 

Armement de la batterie entre 1935 et 1940

2 tourelles de mitrailleuses

1 casemate de Bourges armée

de 2 canons de 95 de côte

3 casemates armées de

4 canons de 75 et

de 2 canons de 95 sur affût de côte

1 observatoire bétonné

Effectif prévu de la répartition de la garnison de guerre dans le secteur de la batterie en 1914 d’après l’instruction du 30 juillet 1909

 

· Infanterie : 4 officiers  250 soldats et 1 cheval du 108ème RI territorial

· Artillerie : 1 officier, 104 soldats et 1 cheval du 11ème régiment d’artillerie à pied

· Génie et services divers : 2 infirmiers , 2 hommes du 4ème Régiment du Génie et 2 télégraphistes

· Auxiliaires et commis des services administratifs : 2 hommes

Soit un effectif de 5 officiers, 360 hommes et 2 chevaux

Effectif de la batterie à la mobilisation en 1914 à la première heure

 

· Infanterie : 1 officier et 35 soldats du 97ème RI

· Artillerie : 1 officier et 37 soldats du 11ème régiment d’artillerie à pied

· Génie et services divers : 1 télégraphiste

Soit un effectif de 75 hommes