Le fort de Troyon ou fort Essling

Abandonnés après la seconde guerre mondiale, le fort est aujourd'hui géré par une association qui le fait visiter.

Renseignement pour les visites http://www.fort-de-troyon.com/

Le fort de Troyon est le premier fort du rideau défensif des hauts de Meuse en partant de la place de Verdun. Il est construit à 260 mètres d’altitude près du village du même nom, d’où il surveille les côtes boisées de la Meuse et les différentes voies de communication qui passent sur les ponts dans la vallée de la Meuse. Il assure aussi la défense des intervalles entre le fort de Génicourt et celui du Camp des Romains.

Ce fort possède un ravelin sur la gorge de l’ouvrage possédant 6 casemates à tir direct qui renforcent sa défense.

L’armement du fort à la veille de la Grande guerre

 

Pièces de rempart du fort

2 canons de 120 long approvisionnés à 700 coups/pièce.

8 canons de 90 sur affût de campagne approvisionnés à 600 coups/pièce.

4 canons de 90 sur affût SP approvisionnés à 600 coups/pièce.

2 sections de 2 mitrailleuses modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches/section.

 

Cuirassements et casemates

4 casemates à tir indirect du fort désarmées

6 casemates à tir indirect du Ravelin armées

de 2 canons de 120 long approvisionnés à 700 coups/pièce.

 

Défense des fossés

1 caponnière double armée de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.

2 caponnières simples armées chacune d'1 canon révolver  approvisionné à 1800 coups et d’un canon de 12 culasse approvisionné à 150 coups/pièce.

2 coffres de courtine d’escarpe armés chacun d'1 canon révolver 

approvisionné à 1800 coups  et d’un canon de 12 culasse

approvisionnés à 150 coups/pièce pour la défense des fossés de gorge.

1 caponnière double défendue au fusils pour la défense des fossés du ravelin.

 

 

Total 32 pièces d’artillerie

 

 

 

Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914

 

Batterie d’artillerie

Aucune

Ouvrages d’infanterie

Aucun

Abris de combat et abris cavernes

Aucun

Dépôts intermédiaires

Aucun

Magasins de secteur

Aucun

Projets de modernisation

 

· 1877 Construction de 2 casemates Mougin contre le canon de siège aux saillants 1-2 et 4-5

· 1895 - Construction d’un casernement bétonné, d’une entrée de guerre, de deux galeries qui relient les magasins sous roc au fort. Installation d’un réseau de queues de cochon autour de l’ouvrage et de grilles défensives au dessus des trois caponnières. Installation de deux batteries d’artillerie extérieures en avant de l’ouvrage

Coût des travaux du projet 242 000 Fr or

 

 

Modernisations

 

· 1890 Construction de deux magasins sous roc creusés dans la contrescarpe du fossé de gorge du fort à une profondeur de 10 mètres

· 1900 - 1910 Installation d’un réseau de queues de cochon autour de l’ouvrage et de grilles défensives au dessus des murs de contre-escarpe des trois caponnières de tête.

Armement du fort et cuirassements installés entre 1878 et 1908

A la veille de la mobilisation en 1914, le fort de Troyon est un ouvrage de la 6ème région, peu modernisé qui possède un magasin sous roc à l’épreuve. Cet ouvrage est classé en deuxième catégorie pour soutenir les troupes de campagne et son armement principal est placé à l’air libre.

Equipement du fort en 1914

Etat du fort pendant la première guerre mondiale

 

· Septembre 1914, le fort est sous les ordres d’un chef de bataillon de l’armée territoriale, le commandant T qui a sous ses ordres la 15ème batterie du 166RI et la 32ème batterie du 5ème régiment d’artillerie à pied.

· Le 7 septembre 1914 au soir, la 10ème DI du 5ème CA allemands commandée par le Général Von Strantz arrive sur les Hauts de Meuse près de Mouilly avec la 10ème DI et 4 obusiers Austro-hongrois placés dans la plaine de la Woëvre. Ils doivent faire tomber le fort de Troyon pour franchir la Meuse et encercler le sud de la place de Verdun.

· Dans la matinée du 8 septembre 1914, le fort ouvre le feu sur une batterie de mortiers allemands de 15 qui le bombarde, mais il n’arrive pas à la neutraliser car les pièces d’artillerie sont placées dans un ravin. Vers 10 heures, le fort a déjà reçu près de 180 obus de 15. Au cour de la journée, Troyon demande l’appui de son voisin le fort de Génicourt pour tirer sur le village de Mouilly. Mais, il est bombardé dans la soirée par un obusier de 30,5 austro-hongrois qui tire une douzaine de coup vers l’ouvrage. A la fin de cette journée, le fort a reçu près de 400 obus qui n’ont pas fait de grands dégâts.

· La nuit du 8 au 9 septembre 1914, le fort a souvent été bombardé, il ouvre le feu au petit matin avec ses pièces de 90 sur des tranchées que l’ennemi commence à mettre en place aux abords du fort. Vers 10 h, l’état Major allemand vient demander à l’officier Français qui tient le fort, la reddition de l’ouvrage. L’officier Heym, Commandant de l’infanterie ne tient pas à se rendre sans se défendre face à un ennemi de plus de 60 ans. Les conséquences sont sans appel, le fort est bombardé pour la troisième fois par des obus de 30,5 pendant près de 3 heures. L’ouvrage isolé tient bon mais il commence à y avoir quelques dégâts. Troyon demande alors des renforts d’urgence à Verdun, mais personne ne peut venir au secours de l’ouvrage avant plusieurs jours, surtout que l’ennemi se prépare à effectuer son premier assaut sur le fort. L’ouvrage se met tant bien que mal en état de défense et repousse cette première tentative en causant de lourdes pertes aux assaillants. Après cet assaut, le bombardement reprend, mais la défense du fort est soutenue pas les forts des Paroches et de Génicourt.

· Le 10 septembre 1914, à 6 heures du matin, il ne reste que 6 pièces de 90 sur 12. Les canons de 120 ont quelques traces de combats, mais ils sont toujours en état de fonctionnement. Le bombardement reprend, deux obus de 30,5 viennent détruire une traverse abri où était stockée un grand nombre d’obus de 90. Vers 19 h, un deuxième assaut se prépare sur le fort, mais ce dernier est stoppé grâce au soutien des forts des Paroches et de Génicourt.

· Les 11 septembre 1914, le bombardement du fort est de plus en plus soutenu, faisant quelques importants dégâts dans le casernement de paix. Dans la soirée, les tirs des obus ennemis s’allongent, montrant le signe d’un nouvel assaut. L’angoisse est au maximum lorsque la nuit tombe, par sécurité le fort tirera quelques coups sur ses abords pendant toute la nuit pour dissuader l’ennemi d’une attaque. Cette action sera suivie par les forts des Paroches et de Génicourt qui flanqueront les abords du fort. Le lendemain, le fort est bombardé toute la journée avec quelques accalmies.

· Le 13 septembre 1914, le bombardement s’arrête, l’ennemi se replie et les renforts tant attendus arrivent au fort. Pendant ces cinq jours, le fort a été visé par 3000 coups dont 200 d’obus de 30,5 cm qui ont fait quelques dégâts à l’ouvrage. La garnison a perdu 4 hommes et 41 blessés soit 10% de son effectif, mais il a tenu bon en empêchant les allemands d’encercler la place de Verdun par le sud est.

· Du 13 au 20 septembre 1914, d’importants travaux de réparation sont effectués au fort pour remettre l’ouvrage en état de défense, mais ils doivent être stoppés car les troupes françaises reculent.

· Du 20 au 24 septembre 1914, les allemands cherchent à faire une nouvelle percée sur les Hauts de Meuse pour isoler la place de Verdun afin de la faire tomber pour faciliter le ravitaillement de la Champagne depuis Metz. Les troupes françaises qui avaient repris le contrôle du secteur quelques jours avant, n’ont pas le choix de se replier sur les abords du fort qui se retrouve rapidement sous un violent bombardement.

· Le 23 septembre, le magasin à poudre de gauche reçoit deux obus de 30,5 qui viendront ensevelir 18 soldats qui étaient venus s’y mettre à l’abri. Après cet accident, la troupe restera dans les magasins sous roc mais les obus de 30,5 des obusiers Austro-Hongrois réussiront à percer le seul abri à l’épreuve du fort sans faire de victimes.

· Le 24 septembre 1914, le Commandant du fort demande la permission au Gouverneur de Verdun, le Général Contanceau, d’évacuer un ouvrage intenable, mais ce dernier doit tenir la position qui ne sera finalement évacuée que le lendemain dans la soirée.

· A la fin du bombardement, le fort a bien souffert, l’entrée et les casernements sont détruits et les fossés sont en grande partie comblés. Mais la position à tenu, elle est restée aux mains des troupes françaises jusqu’à la fin de la guerre. Les pièces d’artilleries restant sur le fort sont retirées une quinzaine de jours après l’évacuation.

· Mars 1916 -1918, les issues du fort se voient équipées de chicanes en sacs de terre et en rondins, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades. Un réseau de galeries de 17 d’une longueur de 1400 mètres sera creusé sous l’ouvrage. Un observatoire cuirassé est installé sur le casernement pour l’observation du secteur et deux cloches Pamart à deux créneaux sont mises en place sur les glacis pour la défense rapprochée. Une casemate de Bourges est construite à l’extérieur de l’ouvrage pour flanquer vers Saint-Mihiel, elle est reliée au réseau de 17. Ce réseau est électrifié pour l’éclairage grâce à des groupes électrogènes.  A la veille de l’armistice, les travaux de 17 ne sont pas terminés, deux cloches Pamart supplémentaires auraient due être installées et la galerie qui relie le tunnel ferroviaire ne sera pas terminée.

L’entrée du fort après les bombardements le 8 septembre 1914.

Collection Lionel PRACHT

Une pièce de 90 de campagne détruite par le bombardement du 8 septembre 1914.

 Collection Lionel PRACHT

Les casemates à tir indirect du ravelin.

Cliché VAUBOURG Cédric

Vue aérienne du fort en 1915. Collection Lionel PRACHT

Le réseau de galeries de 17

Cliché VAUBOURG Cédric

Une pièce de 90 sur affût SP après le bombardement du 8 septembre 1914.

 Collection Lionel PRACHT

Vue vers le fort avant la Grande guerre.

 Collection Lionel PRACHT

Une pièce de 90 sur affût SP détruite après le bombardement du 8 septembre 1914.

 Collection Lionel PRACHT

Le casernement après le bombardement du 8 septembre 1914.

 Collection Lionel PRACHT

La caponnière simple du saillant début 1915.

 Collection Lionel PRACHT

Une casemate des casernements détruite après le bombardement du 8 septembre 1914.  Collection Lionel PRACHT

La cour des casernements fin septembre 1914. 

Collection Lionel PRACHT

Un escalier métallique derrière la galerie principale de l’entrée après le bombardement du 8 septembre 1914.  Collection Lionel PRACHT

Une partie de la garnison du fort après le bombardement du 8 septembre 1914.  Collection Lionel PRACHT

Vue sur l’entrée fin septembre 1914. 

Collection Lionel PRACHT

Vue sur le fort après le bombardement de septembre 1914. 

Collection Lionel PRACHT

A gauche la porte d’accès à la caponnière double du ravelin.

Cliché VAUBOURG Cédric

Le dessus de la caponnière double de gorge.

Cliché VAUBOURG Cédric

La caponnière double du ravelin. Cliché VAUBOURG Cédric

Les casemates à tir indirect du ravelin.

Cliché VAUBOURG Cédric

Les casemates à tir indirect du ravelin. Cliché VAUBOURG Julie

L’entrée du fort. Cliché VAUBOURG Cédric

La descente à la caponnière double du ravelin.

Cliché VAUBOURG Cédric

 

Rectangle à coins arrondis: Suite des photos

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La caponnière double du ravelin de gorge.

Cliché VAUBOURG Cédric

La galerie principale de l’entrée.

Cliché VAUBOURG Julie

Reconstitution des blindages des ouvertures des casemates.

Cliché VAUBOURG Cédric

Le casernement officiers au niveau du magasin du génie.

Cliché VAUBOURG Cédric

La pièce de télégraphie du fort. Cliché VAUBOURG Julie

L’entrée du fort et les vestiges du fossé de gorge.

Cliché VAUBOURG Cédric

Les restes de la porte blindée.

Cliché VAUBOURG Julie

Vestige des contrepoids du pont levis système Devèze

Cliché VAUBOURG Julie

Le cartouche de l’entrée du fort. Cliché VAUBOURG Julie

Le magasin à poudre où périrent 20 soldas fin septembre 1914

Collection Lionel PRACHT

Vue sur l’entrée fin septembre 1914. 

Collection Lionel PRACHT

Le fossé de gorge fin septembre 1914. 

Collection Lionel PRACHT

La rue des remparts près de l’entrée après le 8 septembre 1914

Collection Lionel PRACHT

Vue sur l’entrée fin septembre 1914. 

Collection Lionel PRACHT

La galerie principale fin septembre 1914. 

Collection Lionel PRACHT

Une casemate percée par le bombardement du 8 septembre 1914.  Collection Lionel PRACHT

Une pièce de 90 sur affût SP détruite par le bombardement du 8 septembre 1914.  Collection Lionel PRACHT

Une pièce de 90 sur affût SP détruite par le bombardement du 8 septembre 1914.  Collection Patrice MONANGE

La rue des remparts après le bombardement du 8 septembre 1914. 

Collection Patrice MONANGE

Vue sur le fort après le bombardement du 8 septembre 1914. 

Collection VAUBOURG Cédric

Vue sur l’entrée fin septembre 1914. 

Collection Lionel PRACHT

 

1878

1884

1905

1907

1908

Pièces de rempart

du fort

5 canons de 155 long

4 canons de 138

9 canons de 95

4  mortiers de 22

4 canons de 155 long

3 canons de 138

8 canons de 120 long

9 canons de 7

4 mortiers de 22

6 canons de 155 long

2 canons de 90 sur affût SP

4 canons de 90 sur affût de campagne

4 canons de 120 long

Cuirassements

et casemates

4 casemates à tir indirect du fort armées de

4 canons de 138

6 casemates à tir direct du Ravelin armées de

3 canons de 120 long et

3 canons de 95

4 casemates à tir indirect du fort armées de

4 canons de 138

6 casemates à tir direct du Ravelin armées de

3 canons de 120 long et

3 canons de 7

4 casemates à tir indirect du fort désarmées

6 casemates à tir direct du Ravelin

 armées de 2 canons de 90

Défense des fossés

6 obusiers de 16

 6 canons à balles

4 canons révolver

4 canons de 12 culasse

6 canons révolver

6 canons de 12 culasse 

Nb de pièces

44

42

30

30

30

Dates de construction

Coût des travaux en 1882

 

Effectif 831 hommes

· 15 août 1877 – Juin 1880

· 1 985 000 Fr or

 

· 21 officiers

· 46 sous-officiers

· 764 soldats

· 1 infirmerie pour 50 malades

Armement du fort fin 1915

· Aucune pièce de rempart, il reste peut être les pièces de flanquement dans les fossés.

Armement du fort fin 1917

· Le fort est armé de mitrailleuses et fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée

· 2 cloches Pamart à deux créneaux armées d’une mitrailleuse.

· 1 casemate de Bourges armée de 2 canons de 75 de casemate qui flanquent vers  Saint-Michel .

Effectif à la mobilisation en 1914 à la première heure renforcé par l’article 40 de la loi du 21 mars 1905

 

· Infanterie : 4 officiers et 254 hommes du 166ème RI

· Artillerie : 2 officiers et 157 hommes du 5ème régiment d’artillerie à pied

· Divers et Génie : 6 hommes COA de la 6ème section territoriale, 6 télégraphistes, 4 forestiers et 5 infirmiers

Soit un effectif de 6 officiers et 432 hommes.

Capacité du casernement à l’épreuve

Capacité des casernement en maçonnerie

Capacité des 2 magasins à poudre

 

Capacité du magasin aux cartouches

 

 

· Aucune place couchée

· 831 places couchées

· 145 tonnes de poudre noire à la construction du fort

· 985 000 cartouches à la construction du fort

Cuisine

Boulangerie

Puits et citernes

Pont de l’entrée principale

· 2 à 3 cuisinières de marque François Vaillant

· 2 fours de 180 rations chacun

· 1 puits remplissant une citerne de 90 m3

· 1 pont levis système Devèze

Communication liaison optique

Communication télégraphe électrique

 

 

 

Eclairage en 1914

· Avec le fort de Génicourt.

· Avec les forts de Génicourt et du Camp des Romains grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907 ou une boîte de forteresse

· Lampes à pétrole pour l’intérieur du fort et oxyacétyléniques pour les fossés.