La batterie de l’Eperon est construite à 324 mètres d’altitude à 1,5 km au Nord-est du fort de Frouard sur la position du Parc Lattier. C’est un ouvrage annexe au fort, qui complète son artillerie en défendant un angle mort que le fort ne peut pas protéger.

La défense de la zone est tellement importante que l’on renforce l’artillerie de la batterie par deux casemates Mougin pour un canon de 155L et par une tourelle Galopin double installée en 1893. De plus, on installe dès sa construction en 1883, un coffre double de contre escarpe en pierre de taille pour défendre les fossés du front de tête.

L’armement de la batterie à la veille de la Grande guerre

 

Pièces de rempart de la batterie

8 canons de 80 sur affût SP approvisionnés de 400 coups par pièce ( 250 obus à mitraille, 25 obus à mélinite et 125 boites à mitraille)

2 mortiers lisses de 22 approvisionnés de 313 coups par pièce (300 obus sphériques et 13 appareils pour obus sphériques)

2 mortiers lisses de 15 approvisionnés de 309 coups par pièce (300 obus sphériques et 9 appareils pour obus sphériques)

2 sections de 2 mitrailleuses de rempart approvisionnées de 43200 cartouches par section (4800 cartouches de 86D sur bande et 38400 cartouches de 86D en trousse)

1 section de 2 mitrailleuses sur affût trépied approvisionnées de 43200 cartouches par section (4800 cartouches de 86D sur bande et 38400 cartouches de 86D en trousse)

 

 

Cuirassements et casemates

1 tourelle Galopin modèle 1890 de 155L armée de 2 canons de 155 long approvisionnés de 1000 coups par pièce ( 600 obus allongés à mélinite, 380 obus à mitraille et 20 boites à mitraille).

2 casemates Mougin de 155L en fonte dure contre le canon de Siège armées chacune d’un canon de 155L approvisionné de 1000 coups ( 600 obus allongés à mélinite, 380 obus à mitraille et 20 boites à mitraille).

3 observatoires cuirassés de commandement qui peuvent communiquer avec le bureau de commandement, la tourelle Galopin et les casemates Mougin

5 guérites blindées de rempart

 

Défense des fossés

1 coffre simple d’escarpe de gorge armé d'1 canon révolver approvisionné à 1800 coups et d’1 canon de 12 culasse approvisionné à 150 coups.

1 coffre simple d’escarpe de gorge armé d'1 canon révolver approvisionné à 1800 coups.

1 caponnière simple armée d'1 canon révolver approvisionné à 1800 coups et d’1 canon de 12 culasse approvisionné à 150 coups.

1 coffre double de contre-escarpe armé de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.

 

 

Total 31 pièces d’artillerie

 

 

 

 

Les différents éléments extérieurs à proximité de la batterie en 1914

 

Batterie d’artillerie

Batterie de Bellevue est une batterie d’artillerie construite après 1890, elle est désarmée en 1914

Batterie du Raybois est construite en 1915.

 

Ouvrages d’infanterie

Aucun

 

Abris de combat et abris cavernes

Aucun

 

Dépôts intermédiaires

Aucun

 

Magasins de secteur

Aucun

Projet de modernisation

 

Projet de modernisation de 1893

· Ce projet prévoyait des renforcements de l’ouvrage et l’installation d’une tourelle Galopin double qui était destinée au début à remplacer la tourelle Mougin du fort de Frouard.

 

Projet complémentaire de 1908 -  Les travaux devaient avoir lieux en 1915-1916

· Installation d’une tourelle de 75R 05 placée à l’extérieur de l’ouvrage près du coffre double de contre escarpe.

 

Projet de 1910

· Installation d’une usine électrique et d’une tourelle de projecteur.

 

Modernisations

 

· Construction d’un magasin caverne creusé à une profondeur de 10 mètres, relié au fort par trois monte charges.

· 1980-1904 Installation d’un réseau de voie de 60 pour relier les différents ouvrages du plateau

· 1893-1895  Suppression de la cour entre les casernes pour agrandir de 100 places le casernement qui reçoit une carapace de 2m50 de béton spécial.

· 1893-1895 Amélioration de l’entrée en l’aménageant en fond de fossé, construction d’une entrée de guerre. Renforcement des communications intérieures et des deux casemates Mougin.

· 1894-1895 Installation d’une tourelle Galopin double modèle 1890, de trois observatoires cuirassés et de cinq guérites blindées de rempart

· 1896 Renforcement du coffre double de contre-escarpe

· 1903 Installation d’un réseau de queues de cochons autour de l’ouvrage et de grilles défensives à l’entrée de la batterie, sur le mur d’escarpe au dessus des caponnières et du coffre double de contre-escarpe

· 1900-1905 Connexion au réseau de télégraphie électrique.

· 1912-1913 Installation d’un plan incliné permettant d’accéder plus facilement au magasin caverne

· 1913 Installation du téléphone pour communiquer avec tous les éléments de l’ouvrage ainsi qu’avec le fort de Frouard et la place de Toul.

Armement du fort et cuirassements installés entre 1883 et 1908

En 1914, la batterie de l’Eperon fait parti des ouvrages modernisés de première catégorie de la 20ème région. Elle à été est entièrement renforcée pour résister à l’épreuve des nouveaux obus.  Son armement principal est placé à l’air libre ou sous cuirassements.

Cette batterie fait parti des ouvrages du Parc Lattier qui doivent assurer un véritable barrage à une armée ennemie venant de Metz.

Equipement de la batterie en 1914

Photo allemande de l’entrée de la batterie en 1940. © Lionel PRACHT

Le mécanisme d’un des monte-charges du magasin caverne

Cliché VAUBOURG Cédric

A gauche la galerie d’accès vers le coffre double près de la tourelle Galopin de 155L.

Cliché VAUBOURG Cédric

Aujourd’hui, la batterie possède toujours ses cuirassements dont sa tourelle Galopin de 155 L qui est le dernier exemplaire existant.

Propriété de l’armée, ce patrimoine unique sort de l’oubli depuis 2006 grâce à une association qui gère le site et qui a fait d’importants travaux de restauration. Renseignements pour les visites l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Fortifié de Frouard

La casemate Moselle en cours de restauration.

Cliché VAUBOURG Cédric

La cour au saillant 5. Cliché VAUBOURG Julie

Un guérite blindée ayant gardé sa porte blindée.

Cliché VAUBOURG Julie

L’extérieur de la casemate Mougin Moselle.

Cliché VAUBOURG Julie

Le mécanisme de rotation rapide et de manœuvre du contrepoids moteur au rez-de-chaussée de la tourelle Galopin de 155L modèle 1890. Cliché VAUBOURG Cédric

Etat de la batterie pendant la première guerre mondiale

 

· Fin 1915, désarmement progressif de la batterie pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions pouvant aller sur le front.

· En janvier 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction de l’ouvrage en cas d’approche de l’ennemi.

· Suite à la bataille de Verdun en 1916, la batterie est réarmée et les issues se voient équipées de chicanes en sac de terre, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades.

La batterie de l’Eperon ou batterie annexe du fort de Frouard

Photo allemande de 1940 d’une des deux casemates Mougin qui possédaient encore leur canon en 1940. Collection Lionel PRACHT

Les deux canons de 155L dans la chambre de tir de la tourelle Galopin double modèle 1890.

Cliché VAUBOURG Cédric

L’entrée de la batterie. Cliché VAUBOURG Cédric

Les créneaux de fusillade qui protègent l’entrée

Cliché VAUBOURG Julie

L’entrée de guerre près d’une caponnière.

Cliché VAUBOURG Cédric

L’entrée de la batterie vue depuis la cour.

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Le corps de garde extérieur. Cliché VAUBOURG Cédric

Le fossé de gorge et l’entrée. Cliché VAUBOURG Cédric

La première cour de la batterie et la façade du casernement bétonné .

Cliché VAUBOURG Julie

L’entrée de la batterie et la première cour. Cliché VAUBOURG Julie

Un passage couvert. Cliché VAUBOURG Julie

L’accès à une caponnière de gorge.

Cliché VAUBOURG Julie

Une des deux caponnières de gorge. Cliché VAUBOURG Julie

Le casernement. Cliché VAUBOURG Julie

Une autre chambrée du casernement. Cliché VAUBOURG Julie

Une chambrée. Cliché VAUBOURG Julie

Une chambrée. Cliché VAUBOURG Julie

La galerie entre les citernes Cliché VAUBOURG Julie

L’arrière des chambrées.

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L’escalier d’un débouché d’infanterie.

Cliché VAUBOURG Julie

Rectangle à coins arrondis: Suite des photos

La tourelle Galopin modèle 1890 de 155L.

Cliché VAUBOURG Cédric

 

1883

1892

1904

1906

1908

Pièces de rempart

du fort

4 canons de 120 L

2 mortiers de 22

2 mortiers de 15

3 canons de 155 long

1 canon de 95

 2 mortiers de 22

2 mortiers de 15

8 canons de 95

2 mortiers de 22

2 mortiers de 15

8 canons de 80

2 mortiers de 22

2 mortiers de 15

Cuirassements

et casemates

2 casemates Mougin de 155L armée d’1 canon de 155 long chacune

1 tourelle Galopin double

2 casemates Mougin de 155L armée d’1 canon de 155 long chacune

3 observatoires

5 guérites blindées

Défense des fossés

5 canons à balles

2 canons de 4

5 canons révolver

2 canons de 12 culasses

5 canons révolver

4 canons de 12 culasses 

Nb de pièces

17

17

27

27

27

Dates de construction

Coût des travaux du fort et de la

batterie de l’Eperon en 1885

 

Effectif 201 hommes en 1885

· 12 mai 1879 – 15 octobre 1883

 

· 2 600 780 Fr or

 

· 8 officiers, 13 sous-officiers et 180 soldats

· Pas d’écurie ni d’infirmerie

Capacité du casernement à l’épreuve

Capacité des casernement en maçonnerie

Capacité du magasin à poudre

 

 

 

Capacité des magasins aux cartouches

 

 

· 6 officiers, 8 sous-officiers et 210 soldats

· Aucune

· 42 tonnes de poudre noire à la construction du fort avant modernisation de ce local en magasin d’artillerie. La poudre noire est stockée en 1914 dans le magasin caverne.

· 500 000 cartouches avec le fort de Frouard

Cuisine

Boulangerie

 

Puits et citernes

 

 

Pont de l’entrée principale

· 2 cuisinières de marque François Vaillant

· Une boulangerie de campagne équipée certainement d’un four portatif de 180 rations

· La pompe élévatoire qui alimente le fort de Frouard alimente aussi la batterie, elle possède un débit de 2,4m³/heure et elle capte l’eau au Ray Bois pour alimenter une citerne d’une capacité de 160m³.

· 1 pont levis à bascule en dessous

Communication liaison optique

Communication télégraphe électrique

Eclairage en 1914

· Aucune

· Avec le fort de Frouard et l’observatoire N°9 du Parc Lattier

· Lampes à pétrole pour l’intérieur du fort, lampes de secours à bougie et à pétrole pour les tourelles.

· 6 appareils oxyacétyléniques dont un de rechange en stock dans le magasin du Génie.

Effectif prévu à la mobilisation en 1914 en temps de guerre (batterie)

 

· Etat-major du Génie : 1 homme

· Infanterie : 4 officiers et 190 hommes du 168°Régiment d’infanterie d’active

· Artillerie : 2 officiers et 158 artilleurs du 6ème régiment d’artillerie à pied

· Génie : 56 hommes

· COA : 4 hommes de l’armée territoriale

· Infirmiers : 1 homme d’armée d’active et 1 homme de l’armée territoriale

· Forestiers : Aucun

· Télégraphistes : Aucun

· Soit un effectif de 6 officiers et 355 hommes

Effectif prévu à la mobilisation en 1914 en temps de guerre

 

· Infanterie: 3 compagnies d’infanterie du 168°Régiment d’infanterie soit 194 hommes

· Artillerie: 160 artilleurs du 6ème régiment d’artillerie à pied

· Génie: 6 hommes

· Soit un effectif de 360 hommes

Armement de la batterie fin 1915

· Aucune pièce de rempart

· 1 coffre de contre escarpe, une caponnière et 2 coffres d’escarpe armés de 5 canons révolver et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions

· 1 tourelle Galopin de 155L armée avec quelques obus

· 2 casemates Mougin de 155L armées de quelques obus

Armement de la batterie fin 1917

· Le fort est réarmé de mitrailleuses et fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée

· 1 coffre de contre escarpe, une caponnière et 2 coffres d’escarpe armés de 5 canons révolver et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions

· 1 tourelle Galopin de 155L armée et réapprovisionnée en munitions

· 2 casemates Mougin de 155L armée et réapprovisionnées en munitions