Le fort de Tavannes est le premier fort bâti à Verdun, il se situe en rive droite de la Meuse au Nord Est de la place à 370 mètres d’altitude d’où il surveille la route venant de Metz et le tunnel ferroviaire de Tavannes. Il peut aussi se défendre mutuellement avec les forts de Vaux, de Souville et de Moulainville.

A sa construction, son armement est renforcé par une batterie d’artillerie annexe au fort.

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L’abri de combat TD1

L’abri caverne de Douaumont

L’abri de combat TD2

L’abri de combat TD3

Le dépôt F de Douaumont

Le fort de Douaumont

La batterie cuirassée de 75

Le dépôt G de Douaumont

L’abri de combat DV1

L’ouvrage O de Bezonvaux

L’abri de combat DV2

La batterie 4-1 Fausse Côte

L’ouvrage de Lorient

L’ouvrage du Muguet

L’ouvrage de Josémont

L’ouvrage C d’Hardaumont

L’abri de combat DV3

Projecteur du Bois Fumin

L’abri de combat DV4

La batterie 5-3 Nez de Souville

Le fort de Vaux

Le dépôt H de Vaux

La batterie 6-1 de Damloup

L’abri de combat VLL1

La station de Tavannes

L’ouvrage D de Laufée

La batterie 6-3 Bois de Laufée

Le magasin M8 de Fleury

Le dépôt B de Souville

Le fort de Souville

La tourelle Bussière annexe

Le dépôt C de Souville

La batterie 8-5 de l’hôpital

Le dépôt I de Tavannes

La batterie 8-6 du tunnel

La batterie 6-9 de Tavannes

Le tunnel de Tavannes

Le fort de Tavannes

La batterie de Mardi-Gras

Le projecteur de Mardi-Gras

L’abri de combat LLM1

Le magasin de la Renarderie

L’abri de combat LLM2

L’ouvrage E d’Eix

Le projecteur d’Eix

La batterie 1-2 de Moulainville

Le dépôt J de Moulainville

Le fort de Moulainville

L’abri de combat MD1

L’abri de combat MD2

L’ouvrage F de Manesel

L’ouvrage de la Croix Brandier

Le magasin de Belrupt M3

Le fort de Belrupt

L’ouvrage de Déramé

L’ouvrage G de Châtillon

L’abri de combat DR1

Le dépôt K  du Rozelier

Le fort de Rozelier

Le dépôt X du Rozelier

L’abri de combat RSS1

L’ouvrage P de Jaulny

L’ouvrage des Réunis

Dépôt W de Saint Symphorien

L’abri de combat RSS2

L’ouvrage F de St-Symphorien

L’abri de combat SSH1

Le magasin d’Haudainville M4

Le fort d’Haudainville

Le dépôt T d’Haudainville

L’abri de combat HLF1

La batterie 6-6 de l’Ollier

Le fort de Génicourt

L’ouvrage de la Falouse

L’abri de combat LFD1

L’abri de combat LFD2

Le dépôt V de Dugny

Le fort de Dugny

L’abri de combat DL1

Dépôt U de Dugny-Landrecourt

L’abri de combat DL2

Le fort de Landrecourt

L’abri de combat LR1

Le dépôt L de Landrecourt

L’ouvrage I du Chapitre

Le magasin Champ de la Gaille

L’abri de combat LR2

Le fort de Regret

La batterie annexe 3-7

Batterie s 3-4 & 3-6 de Regret

L’ouvrage J de Baleycourt

Le dépôt M de Regret

L’abri de combat RS1

L’abri de combat RS2

Le fort de Sartelles

L’ouvrage K de Fromeréville

Le fort de la Chaume

Le dépôt N de la Chaume

L’abri caverne Sartelles Chana

Le dépôt Y de Chana

L’ouvrage de Chana

Le magasin de Lombut M6

L’ouvrage L de Germonville

Le dépôt O de Choisel

Le fort de Choisel

L’abri de combat CBB1

Le poste M des Bruyères

Le dépôt P de Bois-Bourrus

L’abri de combat CBB2

Le fort de Bois Bourrus

Le dépôt Z de Bois-Bourrus

L’abri de combat BBM1

Le fort de Marre

Le dépôt Q de Belle-Epine

L’abri de combat MBE1

Le magasin de Marre M7

Le poste de Belle Epine

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L’armement du fort à la veille de la Grande guerre

 

Pièces de rempart du fort

4 canons de 90 sur affût SP approvisionnés à 600 coups/pièce.

6 canons de 90 sur affût de campagne approvisionnés à 600 coups/pièce.

2 mortiers lisses de 22 en réserve approvisionnés à 300 coups/pièce.

2 sections de 2 mitrailleuses de rempart modèle 1907 approvisionnées de 43200 cartouches.

1 section de 2 mitrailleuses sur trépieds modèle 1907 approvisionnée de 43200 cartouches

 

Cuirassements et casemates

Aucun

 

Défense des fossés

1 caponnière double armée de 2 canons révolver approvisionnés à 1800 coups/pièce et de 2 canons de 12 culasse approvisionnés à 150 coups/pièce.

2 caponnières simples armées chacune d’1 canon révolver approvisionné à 1800 coups et d’1 canon de 12 culasse approvisionné à 150 coups.

2 canons de 90 sur affût de campagne placés depuis le parapets d’infanterie à la gorge de l’ouvrage et approvisionnés à 600 coups/pièce.

 

Total 26 pièces d’artillerie

 

 

 

 

 

Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914

 

Batteries d’artillerie

La batterie d’artillerie 8-5 de l’Hôpital est une batterie de renforcement non armée

La batterie d’artillerie 8-6 du tunnel est une batterie de renforcement non armée

La batterie d’artillerie 6-5 de Damloup est une batterie bétonnée type 1907 construite de 1912 à 1913 qui est armée de 4 canons de 90 sur affût de campagne qui peuvent

aussi être placés sur les batteries de 6-4 et 6-6

La batterie d’artillerie 6-7 de Damloup est une batterie bétonnée type 1907 construite de 1912 à 1913 qui est armée de 4 canons de 90 sur affût de campagne qui peuvent

aussi être placés sur la batterie 6-8

La batterie d’artillerie 6-8 de Mardi-Gras est une batterie de renforcement non armée

La batterie d’artillerie 6-9 est une batterie de renforcement non armée

 

Ouvrages d’infanterie

Aucun

 

Abris de combat et abris cavernes

Abri de combat LLM1 est un abri construit en 1905 d’une compagnie ayant une capacité de 200 places

 

Dépôts intermédiaires

Dépôt intermédiaire I de Tavannes construits vers 1891

 

Magasins de secteur

Magasin de secteur M2 de la Renarderie construit de 1889 à 1906

Divers

Abri pour projecteur de Mardi-Gras

Station de pompage de Tavannes

Projet de modernisation

 

· Aucun projet de modernisation après 1890

 

Modernisations

 

· 1884-1885 Construction d’un magasin à poudre d’une capacité de 46 tonnes de poudre noire

· 1889-1890 Construction d’un casernement bétonné en béton spécial de 208 places

· 1890-1900 Connexion au réseau de voie de 60, installation d’un réseau de fils de fer autour de l’ouvrage et de grilles défensives à l’entrée du fort et sur le mur de contre-escarpe au dessus des caponnières.

Armement du fort et cuirassements installés entre 1878 et 1910

En 1914, le fort de Tavannes est un ouvrage de première catégorie de la 6ème région en maçonnerie peu modernisé qui possède un casernement à l’épreuve. Son armement principal est placé à l’air libre.

Equipement du fort en 1914

La chambre du commandant au dessus du passage central. Cliché VAUBOURG Cédric

La casernement bétonné après la bataille.

Collection Lionel PRACHT

Vue sur l’emplacement de la forge après la bataille. Collection Lionel PRACHT

Vue aérienne du fort de Tavannes le 26 Février 1916. Collection Lionel PRACHT

En 1927, le cinéaste Poirier tournera dans le fort une partie de son film « Verdun, vision d’histoire ». Ce tournage représente la prise du fort de Vaux en juin 1916, pour cela quelques parties de l’ouvrage seront pétardées pour simuler les différentes scènes de combats. Après cette date, le fort ne sera plus utilisé.

Aujourd’hui, le fort est en mauvais état, il appartient toujours à l’armée qui a fermé la galerie de l’entrée de guerre.

Son accès est interdit et très dangereux

Vue sur l’emplacement de la forge au début de la bataille. Collection Lionel PRACHT

Carte postale du film tourné en 1927. Collection Lionel PRACHT

L’entrée de guerre.

Cliché VAUBOURG Julie

Une pièce du casernement de paix ayant gardé sa porte.

Cliché VAUBOURG Cédric

La cour du casernement de paix. Cliché VAUBOURG Julie

Une chambrée du casernement de paix percée par un obus.

Cliché VAUBOURG Cédric

Un bras de traverse. Cliché VAUBOURG Cédric

L’entrée du fort. Cliché VAUBOURG Cédric

Un puits de 17 un milieu d’une chambrée .

Cliché VAUBOURG Cédric

Les remblais des galeries de 17  dans le casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Cédric

Les remblais des galeries de 17  dans les casemates du casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Julie

Détail des chambrées du casernement de paix.

 Cliché VAUBOURG Cédric

Une autre chambrée du casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Cédric

La cuisine. Cliché VAUBOURG Julie

Détail de l’architecture du casernement de paix.

 Cliché VAUBOURG Cédric

Détail du casernement de paix. Cliché VAUBOURG Cédric

L’arrière des chambrées.

Cliché VAUBOURG Cédric

L’emplacement d’une pompe à eau dans le casernement de paix. Cliché VAUBOURG Cédric

www.fortiffsere.fr VAUBOURG Cédric et Julie © COPYRIGHT Mentions légales

Rectangle à coins arrondis: Suite des photos

Le fort de Tavannes ou fort Mouton

La cour et le casernement de paix.

Cliché VAUBOURG Cédric

 

Cette partie ci-dessous sur la bataille de Verdun est reprise d’après la monographie du Colonel Benoit (Adjoint au Général Ct le Génie de la 11ème armée) rédigée le 23 novembre 1917

 

Etat du fort au début de la guerre

Fin 1915, désarmement progressif du fort pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions pouvant aller sur le front. Ne possédant plus d’artillerie, ce fort ne joua aucun rôle entre 1914 et  février 1916.

En janvier 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction de l’ouvrage en cas d’approche de l’ennemi,

 

Garnison du fort

La garnison de Tavannes comprenait en mars 1916, un bataillon d’infanterie, une Cie de mitrailleuses, des détachements d’artillerie et du Génie, sous le commandement du Capitaine GERARD, du 6ème Hussards, le quel fut remplacé le 30 mars par le Chef d’Escadron DE CHAMPSAVIN du 20ème Rgt de chasseurs.

En raison du mauvais état sanitaire et des difficultés d’installation, la garnison fut réduite dans la nuit du 2 au 3 avril 1916, à deux Cies d’infanterie et deux sections de mitrailleuses.

Ces deux dernières sections furent remplacées le 17 avril par la 122ème Cie de mitrailleuses à 3 sections. On ajouta en même temps au fort deux mitrailleuses supplémentaires, puis 4 autres le 8 juin ce qui porta la dotation de l’ouvrage à douze mitrailleuses. Le 24 mai deux canons de 58 et 150 obus correspondants furent apportés au fort.

 

 

Premiers bombardements

Le fort de Tavannes, n’étant éloigné que de 3,5 km des positions allemandes établies au sud du fort de Douaumont, après la prise de ce fort, et de 2,5 km seulement des positions ennemies de la Woëvre. Il fut bombardé dès les derniers jours de février 1916, au moment de l’attaque de Verdun, et souvent par des obus de gros calibres.

En particulier, le 7 mai, le fort reçut 15 coups de 380, tombés presque tous dans la partie sud du fort. Un de ces projectiles détruisit la contrescarpe de gorge sur 5 à 6m de long et 2m de haut ; d’autres démolirent l’abri XI, l’entrée du passage 49, le magasin aux cartouches n°47. A cette date, le réseau sud du fort était très fortement endommagé ; au contraire, les réseaux à l’est et au nord du fort restaient à peu près en état. Les terrassements étaient à cette époque assez abîmés.

Pendant ces bombardements, les douze mille grenades P, contenues dans le magasin à poudre situé dans la partie nord du fort, sautèrent en causant des dégâts considérables aux bâtiments voisins et aux terrassements et en faisant d’assez nombreuses victimes. Le magasin à poudre, dont il ne resta plus trace, était construit d’après le type de 1874 : voûte de 1m d’épaisseur, recouverte de 4 à 5 m de terre rocailleuse.

 

Eléments étrangers au fort

La consigne du fort, établie par les soins du Général Cdt le Groupement, spécifiait que le fort pouvait servir d’abri à certains éléments du secteur. Aussi ne s’y fit-on pas faute d’y accumuler un Etat-Major de Division, avec les E.M. d’Artillerie et du Génie, un Etat-Major de Brigade, deux Etats-Majors de Régiment, les Etats-Majors d’un Groupement et d’un Groupe d’Artillerie, les brancardiers divisionnaires, 3 sections du Génie ; on y mit même en mai, un bataillon de deuxième ligne. Il y eut pendant ce mois, outre la garnison du fort 47 officiers et 1125 hommes. Cette situation ne pouvait durer. La note du 8 juin du Général Cdt l’Armée prescrivait l’évacuation du fort par les éléments étrangers de la garnison, sauf par certains éléments sanitaires qui n’y seraient conservés que provisoirement.

Cette évacuation s’effectua plus ou moins vite ; et l’armée dut encore prescrire l’évacuation des blessés légers qui y étaient restés au grand nombre.

 

 

L’entrée du fort le 15 juin 1916.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

Une chambrée du fort. © VAUBOURG Julie

Un magasin aux cartouche. © VAUBOURG Cédric

La cour des casernements du temps de paix le 15 juin 1916.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

La cour des casernements du temps de paix le 15 juin 1916.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

Bombardement du fort

La question de l’évacuation du fort devenait cependant urgente, en raison des destruction des locaux par des obus de très gros calibres, destructions qui diminuaient la contenance du fort. Le 3 juin entre 11 heures ½ et 15 heures, à la suite d’un bombardement par projectiles de 380 et 420 dont 14 tombèrent sur le fort ou le glacis, les locaux 30 à 33, 43 et 44 sont détruits ; 34, inutilisable ; 45, ébranlé ; 46 partiellement détruit. Le passage central entre 26 et 30 présente de gros dégâts, mais est encore praticable. Un projectile tombé sur le côté gauche de la caponnière double a produit un éboulement dans le fossé diamant et le fossé. La contrescarpe est éboulée en face de la caponnière de droite.

Ce bombardement coûta au fort 1 tué et 11 blessés.

Les bombardements continuèrent, quotidiens, et furent extrêmement violents, surtout les 22 et 23 juin, où, outre des projectiles de calibres moyens reçus en grande quantité, de nombreux obus de 380 et 420 furent lancés sur le fort. La plupart des locaux non bétonnés furent détruits ; il ne resta plus que les locaux n°36 à 40, fort abîmés et presque inutilisables. Les voûtes des bâtiments atteints par les projectiles de 420 étaient percées comme à l’emporte-pièce et le souffle détruisit la plupart des façades.

Les locaux bétonnés sont en bon état. 2 projectiles probablement du calibre de 380 ou peut être de 420, sont tombés au-dessus des locaux 17, 18 et 21 en faisant dans le béton de la carapace un entonnoir de 0m80 de profondeur et de 2 à 5 m de diamètre. Il ne paraît pas y avoir eu d’effets intérieurs.

Des brèches nombreuses ont été faites dans les murs d’escarpe et contrescarpe.

Le 23 juin au matin, une grande attaque allemande se déclencha de Froideterre à la Laufée; bien qu’elle ne donna pas à nos adversaires les objectifs qu’ils s’étaient fixés, nos lignes furent cependant un peu reportées en arrière et le fort de Tavannes ne se trouva plus à partir de ce moment qu’à 12 ou 1300 mètres de l’ennemi.

Aussi les bombardements reprirent-ils de plus belle et eurent-ils une acuité toute particulière les 10 et 11 juillet. Le fort de Tavannes reçut le 10, pendant 3 heures, et d’une façon constante et ininterrompue, des projectiles de calibres moyens, à raison de 80 arrivées à la minute, ce qui représentait 14.000 projectiles environ pendant ce laps de temps. Outre des projectiles moyens, le fort recevait aussi des projectiles de gros calibres, du 210 allongé à fusée retardée, du 305, du 380 et même du 420. Ce dernier arrivait assez lentement, toutes les 15 ou 18 minutes seulement. La carapace en béton continuait à résister admirablement : les obus de 380, ou peut-être même ceux de 420, ne faisaient dans le béton, comme au 22, 23 juin, que des entonnoirs de 0m60 de profondeur ; deux coups, presque répétés, n’ont fait qu’un entonnoir d’un mètre. Le couloir situé à gauche des locaux bétonnés, recouvert d’une dalle de 2m d’épaisseur en béton spécial a été lézardé et de gros blocs de béton ont été détachés de la voûte et d’un piédroit. Il a été étayé par les soins de la garnison.

Le 11 juillet, de minuit à 6 heures du matin, le fort de Tavannes fut soumis à un bombardement intense d’obus lacrymogènes et asphyxiants. A la suite de ce bombardement, une partie de la garnison fut intoxiquée, et, en particulier, le Commandant CHAMPSAVIN, Commandant le fort. Ce valeureux officier, prévoyant une attaque imminente, ne voulut pas abandonner son poste. Ce ne fut que longtemps après, lorsqu’il fut absolument à bout de forces, qu’il entra à l’hôpital. Il mourut le 22 décembre 1916 des suites de cette intoxication, et des fatigues qu’il avait eu à supporter.

Le bombardement par obus asphyxiants fut suivi, à partir de 6 heures, le 11 juillet, d’un bombardement intense par des obus de tous calibres.

Comme le prévoyait le Commandant du fort, une attaque allemande très importante fut tentée ce jour-là depuis Vaux-Chapitre jusqu’à la Laufée et le lendemain depuis la station de Fleury jusqu’à Vaux-Chapitre : les lignes ennemies furent poussées à 1000 mètres environ au sud du fort, sans que, toutefois, le fort ait eu à intervenir.

Au commencement d’août, des luttes terribles eurent lieu à la Vaux-Régnier et au bois de la Laufée : nous subîmes un recul de 150 m environ, ce qui mit le fort à 250m seulement des Allemands ; ceux-ci étaient arrivés sensiblement à hauteur de la route de l’ouvrage de Laufée. Nous reprîmes quelques jours après le terrain perdu ; Tavannes trouva de nouveau à 1 km des lignes ennemies, et conserva cette situation jusqu’au moment de notre offensive du 24 octobre.

Cette proximité des lignes attira sur le fort un bombardement quotidien, souvent violent  ; en particulier, le 3 septembre, à partir de 6 heures, Tavannes reçut un nombre considérable d’obus de gros calibres, parmi lesquels il y eut de nombreux obus de 305. L’un deux creva la voute centrale.

Les attaques françaises du 24 octobre et du 15 décembre permirent de dégager le fort ; toujours à 1500m des positions ennemies de la Woëvre, il se trouva au 24 octobre à 3 km des positions allemandes du nord et, au 15 décembre, à 7 km environ.

Les bombardements diminuèrent de violence dès le mois de décembre, et, à partir de février 1917, le fort ne servit plus que pour le réglage de l’artillerie ennemie dans la matinée et ne reçut dans la journée que des coups isolés.

 

 

Le travaux de protection des ouvertures du casernement bétonné le 15 juin 1916.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

Etat actuel du fort – Travaux de remise en valeur

Les locaux non bétonnés qui étaient situés dans la partie nord du fort n’existent plus ; ceux de la partie sud sont en très mauvais état et inutilisables comme logements ; le passage central a été réparé, étayé et sert encore à la circulation. Les locaux bétonnés sont en excellent état et tous occupés. Les escarpes et contrescarpes présentent des brèches assez nombreuses ; le flanquement des fossés continue à être un peu près assuré ; les caponnières tiennent toujours, bien que lézardées. Le réseau a été un peu près détruit. On l’a refait entièrement.

Il est bien difficile de donner, même approximativement, le nombre de projectiles tombés sur le fort. Le chiffre de 30 000 semble être bien au-dessous de la réalité, et cependant ces 30 000 projectiles représenteraient une dépense de 7 à 8 millions, pour mettre en mauvais état les maçonneries ordinaires d’un fort, et sans causer le moindre dégât aux casemates bétonnées, dans la solidité desquelles les défenseurs du fort avaient toute confiance.

Les locaux bétonnés étant insuffisants pour loger la garnison normale et les approvisionnements, on a créé, au-dessous de ces locaux, des galeries souterraines en grande galerie, protégées par 10 m de roc, ainsi que 3 alvéoles, en galerie majeure, de 13 m de longueur. Ce système de galeries souterraines, qui communique avec les casemates bétonnées par deux escaliers, se prolonge jusqu’à l’extérieur du fort et aboutit au sud de l’ouvrage, à 65 m de la contrescarpe dans un boyau existant. On peut ainsi disposer d’une nouvelle entrée du fort, absolument à l’épreuve des obus de gros calibres, à 200 m environ de l’entrée ordinaire, ce qui facilite énormément les ravitaillements et les communications en cas de bombardements.

La caponnière double et la caponnière simple sud sont reliées aux galeries souterraines, et par suite au casernement bétonné, au moyen de galeries profondément enterrées.

Enfin, un poste optique bétonné a été créé sur les dessus du fort, communiquant avec la Laufée, le fort de Moulainville et le P.C. MAROC.

Les issues et les entrées du fort se voient équipées de chicanes en maçonnerie, armées de mitrailleuses et de goulottes lance grenades. Le réseau de galeries de 17 atteindra en 1918 une longueur de 1080 mètres, il est  relié à l’extérieur du fort a deux cloches Pamart à deux créneaux ainsi qu’une casemate pour mitrailleuses à 4 créneaux, dont 3 sont équipées de trémie Pamart. Ce réseau est équipé d’un abri caverne pressurisé, afin de protéger les soldats des gaz de combat grâce à une machine de filtration installée dans un réduit anti-gaz, sous le casernement bétonné.

Un observatoire cuirassé sera placé au dessus du casernement bétonné pour assurer le commandement du secteur et l’ouvrage sera électrifié pour l’éclairage et la ventilation des locaux grâce à des groupes électrogènes. 

Vue aérienne du fort en mars 1916.

© Lionel PRACHT

Etat de l’ouvrage pendant la première guerre mondiale

La cour des casernements du temps de paix le 4 avril 1917.

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

 

1878

1884

1890

1908

1910

Pièces de rempart

du fort

3 canons de 155 long

7 canons de 138

2 canons de 7

2 mortiers de 22

2 canons de 12

8 canons de 95

5 canons de 155 long

4 canons de 120 L

2 canons de 7

2 obusiers de 22

2 mortiers de 22

5 canons de 155 long

4 canons de 120 L

2 canons de 7

2 mortiers de 22

2 canons de 155 long

4 canons de 90

4 canons de 120 L

1 mortier de 22

8 canons de 90

2 mortiers de 22

Cuirassements et casemates

4 canons de 138 sous 4 casemates à tir indirect

Les 4 casemates à tir indirect sont désarmées

Défense des fossés

2 canons de 7

4 canons de 4

4 canons à balles

4 canons révolver

4 canons de 12 culasse

2 canons de 7

4 canons révolver

4 canons de 12 culasse

2 canons de 90

Nb de pièces

38

25

23

21

20

Dates de construction

Coût des travaux en 1882

 

Effectif 761 hommes en 1882

· Décembre 1874 – Décembre 1877

· 1 575 420 Frs

 

· 17 officiers, 28 sous-officiers et 716 soldats

· 1 infirmerie d’une capacité de 56 hommes

· 1 Ecurie pour 6 chevaux

Effectif  maximum

1914 - 213 hommes

1916 - 208 hommes

1914 - 160 hommes

Armement du fort fin 1915

· Aucune pièce de remparts

· 4 caponnières armées de 4 canons révolver et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions

· 1 tourelle Bussière armée de deux canons avec quelques obus

Armement du fort en 1917

· Le fort est réarmé de mitrailleuses et de fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée

· 3 caponnières armées de 4 canons révolver et 4 canons de 12 culasse avec leurs munitions

· 2 cloches Pamart à deux créneaux armées d’une mitrailleuse

· 1 casemate pour 4 mitrailleuses en béton à 4 créneaux

Garnison normale prévue au fort en 1914

 

· Infanterie : 4 officiers et 277 soldats

· Artillerie : 1 officier, 8 sous-officiers et 70 soldats

· Auxiliaires des places fortes : 37 hommes

· Génie : 1 officier et 11 sapeurs

· Télégraphie : 2 sapeurs pour le réseau électrique

· COA : 3 officiers et 16 hommes dont 12 boulangers

· Service médicaux : 1 médecin et 2 infirmiers

· Gardien de batterie : 1 homme

· Soit un effectif de 6 officiers et 427 soldats

Répartition de la garnison en 1914 à la première heure renforcée par l’article 40 de la loi du 21 mars 1905

 

· Infanterie : 1 officier et 76 soldats du 164ème RI

· Artillerie : 74 soldats du 5ème régiment d’artillerie à pied

· Génie et services divers : 4 télégraphistes

· Soit un effectif de 1 officier et 154 hommes

Coût des travaux en 1914

Capacité du casernement à l’épreuve

Capacité des casernement en maçonnerie

Capacité des magasins à poudre

Capacité du magasin aux cartouches

 

 

· 2 500 000 Frs

· 273 places couchées

· Non utilisé en temps de guerre

· 40 tonnes de poudre noire à la construction à 86 tonnes en 1885

· 514 300 cartouches

Cuisine

Boulangerie

Puits et citernes

Pont de l’entrée principale

· 3 cuisinières de marque François Vaillant

· 2 fours à bois ou au charbon de 125 rations chacun

· 1 puits alimentant 1 citerne d’une contenance de 680 m3

· 1 pont levis

Communication liaison optique

 

Communication télégraphe électrique

 

 

Eclairage en 1914

· Un appareil de calibre 14 ou de 24 en réserve à la place peut être affecté à l’ouvrage si nécessaire.

· Avec le fort de Souville, l’ouvrage de Laufée et la citadelle de Verdun grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907

· Lampes à pétrole pour l’intérieur du fort et oxyacétyléniques pour les fossés