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La batterie 1-3 de Froideterre

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Le magasin du Saint-Michel M1

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L’abri de combat TD1

L’abri caverne de Douaumont

L’abri de combat TD2

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Le dépôt F de Douaumont

Le fort de Douaumont

La batterie cuirassée de 75

Le dépôt G de Douaumont

L’abri de combat DV1

L’ouvrage O de Bezonvaux

L’abri de combat DV2

La batterie 5-3 Nez de Souville

L’ouvrage de Lorient

L’ouvrage du Muguet

L’ouvrage de Josémont

L’ouvrage C d’Hardaumont

L’abri de combat DV3

Projecteur du Bois Fumin

L’abri de combat DV4

La batterie 5-3 Tête de Souville

Le fort de Vaux

Le dépôt H de Vaux

La batterie 6-1 de Damloup

L’abri de combat VLL1

La station de Tavannes

L’ouvrage D de Laufée

La batterie 6-3 Bois de Laufée

Le magasin M8 de Fleury

Le dépôt B de Souville

Le fort de Souville

La tourelle Bussière annexe

Le dépôt C de Souville

La batterie 8-5 de l’hôpital

Le dépôt I de Tavannes

La batterie 8-6 du tunnel

La batterie 6-9 de Tavannes

Le tunnel de Tavannes

Le fort de Tavannes

La batterie de Mardi-Gras

Le projecteur de Mardi-Gras

L’abri de combat LLM1

Le magasin de la Renarderie

L’abri de combat LLM2

L’ouvrage E d’Eix

Le projecteur d’Eix

La batterie 1-2 de Moulainville

Le dépôt J de Moulainville

Le fort de Moulainville

L’abri de combat MD1

L’abri de combat MD2

L’ouvrage F de Manesel

L’ouvrage de la Croix Brandier

Le magasin de Belrupt M3

Le fort de Belrupt

L’ouvrage de Déramé

L’ouvrage G de Châtillon

L’abri de combat DR1

Le dépôt K  du Rozelier

Le fort de Rozelier

Le dépôt X du Rozelier

L’abri de combat RSS1

L’ouvrage P de Jaulny

L’ouvrage des Réunis

Dépôt W de Saint Symphorien

L’abri de combat RSS2

L’ouvrage F de St-Symphorien

L’abri de combat SSH1

Le magasin d’Haudainville M4

Le fort d’Haudainville

Le dépôt T d’Haudainville

L’abri de combat HLF1

La batterie 6-6 de l’Ollier

Le fort de Génicourt

L’ouvrage de la Falouse

L’abri de combat LFD1

L’abri de combat LFD2

Le dépôt V de Dugny

Le fort de Dugny

L’abri de combat DL1

Dépôt U de Dugny-Landrecourt

L’abri de combat DL2

Le fort de Landrecourt

L’abri de combat LR1

Le dépôt L de Landrecourt

L’ouvrage I du Chapitre

Le magasin Champ de la Gaille

L’abri de combat LR2

Le fort de Regret

La batterie annexe 3-7

Batterie s 3-4 & 3-6 de Regret

L’ouvrage J de Baleycourt

Le dépôt M de Regret

L’abri de combat RS1

L’abri de combat RS2

Le fort de Sartelles

L’ouvrage K de Fromeréville

Le fort de la Chaume

Le dépôt N de la Chaume

L’abri caverne Sartelles Chana

Le dépôt Y de Chana

L’ouvrage de Chana

Le magasin de Lombut M6

L’ouvrage L de Germonville

Le dépôt O de Choisel

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L’abri de combat CBB1

Le poste M des Bruyères

Le dépôt P de Bois-Bourrus

L’abri de combat CBB2

Le fort de Bois Bourrus

Le dépôt Z de Bois-Bourrus

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En 1922, les locaux de la caserne et le réseau de galeries de 17 sont très humides

Etat des bétons des organes de combat en 1922:

L’ouvrage de Froideterre est un petit ouvrage d’infanterie qui est capable de résister entièrement aux nouveaux obus. Il est construit à la place d’une position d’infanterie appelée ouvrage A de Froideterre aménagée en 1887- 1888. Son emplacement se situe au Nord de la place, en rive droite de la Meuse à une altitude de 300 mètres d’où il défend la route qui mène à Montmédy et les intervalles entre les ouvrages de Charny, Thiaumont et le fort de Douaumont.

L’armement de l’ouvrage à la veille de la Grande guerre

 

Pièces de rempart de l’ouvrage

1 section de 2 mitrailleuses sur trépieds modèle 1907 approvisionnée de 43200 cartouches

 

Cuirassements et casemates

2 tourelles de mitrailleuses GF4 armées chacune de 2 mitrailleuses Hotchkiss

approvisionnées de 57600 cartouches/tourelle. Elle possède chacune une mitrailleuse de rechange

1 tourelle de 75R 05 armée de 2 canons de 75 approvisionnée à 2000 coups/pièce. Elle possède un observatoire cuirassé et un tube de rechange.

1 casemate de Bourges armée de 2 pièces de 75 sur affût de casemate approvisionnée à 500 coups/pièce, possédant un tube de rechange.

2 observatoires cuirassés de commandement

2 guérites blindées de rempart

 

Défense des fossés

La défense des fossés s’effectue depuis le parapet aux fusils ou à la mitrailleuse

 

Total 10 pièces d’artillerie

 

Les différents éléments extérieurs à proximité du fort en 1914

 

Batteries d’artillerie

La batterie d’artillerie 1-1 de Froideterre est une batterie bétonnée modèle 1907 armée de 4 canons de 155 long qui est construite en 1907. Elle possède 4 abris ayant une capacité de 40 places assises ou 20 places couchées.

La batterie d’artillerie 1-2 est une batterie bétonnée modèle 1907 armée de 4 canons de 155 long. Elle possède 4 abris ayant une capacité de 40 places assises ou 20 places couchées

La batterie d’artillerie 1-3 armée de 4 canons de 95 sur SP à frein

La batterie d’artillerie 1-4 est armée de 4 canons de 120L

 

Ouvrages d’infanterie

Retranchement d’infanterie supérieur et inférieur + 2 retranchements d’infanterie

Abris de combat et abris cavernes

Abri de combat MF1 est un abri construit en 1910 d’une compagnie ayant une capacité de 200 places

Abri de combat MF2 est un abri construit en 1906 d’une compagnie ayant une capacité de 200 places

Abri caverne de Froideterre ou des Quatre cheminées construit de 1889-1891 d’une capacité de 300 places

Abri de combat FT1 est un abri construit en 1906 d’une demie-compagnie ayant une capacité de 100 places

Abri de combat FT2 est un abri construit de 1906 à 1907 d’une demie-compagnie ayant une capacité de 100 places

 

Dépôts intermédiaires

Dépôt intermédiaire D de Froideterre construit vers 1891

Magasins de secteur

Magasin de secteur M8 de Fleury construit de 1910 à 1912

Projets de modernisation

 

Programme 1900

Coût des travaux 89 000 Fr

· Réorganiser les parapets, construire un abri de rempart pour 40 hommes assis et installer une tourelle de mitrailleuses et un observatoire cuirassé.

 

Projet complémentaire de 1901

· Construire un casernement à l’épreuve pour 125 hommes, une casemate de Bourges et installer une tourelle de 75R 05

 

Projet complémentaire de 1908

· Installation d’un observatoire cuirassé et d’une troisième tourelle de mitrailleuses

· Construction de galeries bétonnées qui relient les différentes parties de l’ouvrage

 

Modernisations

 

· 1901-1905 Refonte complète de l’ouvrage en remaniant les parapets et en construisant un casernement bétonné d’une capacité totale de 220 places.  Installation d’une casemate de Bourges armée de deux pièces de 75 qui flanquent vers le fort de Vacherauville. Coût des travaux 728 902 frs

· 1902-1904 Installation de trois observatoires cuirassés, de deux tourelles de mitrailleuses et d’une tourelle de 75 qui seront prêtes à tirer le 30 septembre 1904. Coût des travaux 232 000 frs.

· 1902-1905 Connexion au réseau de voie de 60

· 1903-1904 Installation du réseau de grilles défensives et de queues de cochon autour de l’ouvrage.

· 1908-1914 Installation d’une ventilation manuelle pour les casernements.

Armement de l’ouvrage et cuirassements installés entre 1905 et 1910

En 1914, l’ouvrage intermédiaire de Froideterre est un ouvrage modernisé de première catégorie de la 6ème région qui possède un casernement et des magasins à munitions à l’épreuve. Son armement principal est placé sous casemate bétonnée et sous tourelle cuirassée. Mais, il possède un inconvénient majeur en 1914, la tourelle de 75R 05 ne possède pas d’observatoire cuirassé et les différents blocs de combats ne sont pas reliés entre eux par des galeries à l’épreuve.

Equipement de l’ouvrage en 1914

Un chambrée ayant conservé ses lits.

Cliché VAUBOURG Cédric

La tourelle de 75R05. Cliché VAUBOURG Julie

Photo allemande de l’ouvrage pendant le seconde guerre Mondiale.

Collection Lionel PRACHT

La casemate de Bourges de l’ouvrage. Cliché VAUBOURG Julie

Vue aérienne de l’ouvrage le 4 octobre 1916. Collection Lionel PRACHT

La casemate de Bourges en Mai 1917. collection Lionel PRACHT

Les latrines du temps de guerre. Cliché VAUBOURG Cédric

Vestige d’un ventilateur dans le casernement.

 Cliché VAUBOURG Julie

Une chambrée ayant conservé ses lits. Cliché VAUBOURG Cédric

Un ventilateur dans les casernements. Cliché VAUBOURG Cédric

La cuisine. Cliché VAUBOURG Cédric

Le casernement. Cliché VAUBOURG Cédric

Une pièce du casernement. Cliché VAUBOURG Cédric

La galerie principale du casernement.

Cliché VAUBOURG Cédric

Une chambrée ayant conservé ses lits. Cliché VAUBOURG Cédric

www.fortiffsere.fr VAUBOURG Cédric et Julie © COPYRIGHT Mentions légales

Une chambrée d’officiers ayant conservé ses lits.

Cliché VAUBOURG Cédric

L’observatoire de commandement Est. Cliché VAUBOURG Julie

La galerie d’accès à la tourelle de mitrailleuses du casernement.  Cliché VAUBOURG Julie

La tourelle de mitrailleuses Est.

 Cliché VAUBOURG Cédric

Un piquet d’attente  dans la galerie d’accès à la tourelle de mitrailleuses Est. Cliché VAUBOURG Cédric

Rectangle à coins arrondis: Suite des photos

Les dégâts des bombardements sur le casernement le 23 mai 1917

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

La  tourelle de mitrailleuses Est. Cliché VAUBOURG Julie

La tourelle de mitrailleuses et l’observatoire de commandement Est. Cliché VAUBOURG Julie

Le casernement de l’ouvrage.

Cliché VAUBOURG Julie

Le casernement de l’ouvrage. Cliché VAUBOURG Julie

Les restes du cartouche sur le casernement. Cliché VAUBOURG Julie

Le casernement de l’ouvrage. Cliché VAUBOURG Julie

L’observatoire de commandement Est..

Cliché VAUBOURG Julie

La  tourelle de mitrailleuses et l’observatoire de commandement Est.

Cliché VAUBOURG Julie

Le bloc d’entrée de la tourelle de 75. Cliché VAUBOURG Julie

La  tourelle de mitrailleuses Est. Cliché VAUBOURG Julie

L’ouvrage A de Froideterre

Etat de l’ouvrage pendant la première guerre mondiale

Cette partie ci-dessous sur la bataille de Verdun est reprise d’après la monographie du Colonel Benoit (Adjoint au Général Ct le Génie de la 11ème armée) rédigée le 23 novembre 1917

 

L’ouvrage avant la bataille de Verdun en 1916

Fin 1915, désarmement progressif de l’ouvrage pour envoyer les pièces d’artillerie et les munitions pouvant aller sur le front

En janvier 1916, il reste assez de poudre noire dans les magasins pour prévoir une éventuelle destruction de l’ouvrage en cas d’approche de l’ennemi

Depuis la mobilisation, l’ouvrage de Froideterre n’a pas eu à intervenir avant l’attaque de Verdun (21 février 1916).

 

Garnison de l'ouvrage dès les premières heures de la bataille

A ce moment, la garnison permanente de l’ouvrage fut reconstituée: elle comprenait tout d’abord un peloton d’infanterie, un petit détachement du Génie, et pour la manœuvre des tourelles, un détachement d’artillerie. Par la suite, on envoya au fort, dans la nuit du 19 au 20 avril 1916, une compagnie de 3 sections de mitrailleuses de positions.

L’ouvrage fut tout d’abord commandé par le capitaine Perron du 31ème R.I. Le 10 mai, la capitaine d’artillerie Dartigues en prit le commandement. Il fut remplacé le 24 juin par le capitaine Motte du 131ème R.I. qui, très fatigué par les conditions matérielles de la vie à Froideterre et par le travail qui lui incombait, ne voulut se laisser évacuer que lorsqu’il fut à bout de forces, pour aller mourir le 16 janvier 1917 à l’hôpital de St-Mandé.

Après lui, le capitaine Ballé-Bourdon du 4ème Hussards et le chef d’escadron Metzger du 16ème dragon alternèrent entre eux pour le commandement du fort.

La casemate de Bourges de Froideterre avait été désarmée dans les derniers mois de l’année 1915. On s’empressa d’y remettre les canons de 75 enlevés; le 21 mars, un canon fut remis en place, la deuxième pièce fut transportée au fort le 24 du même mois.

La consigne de défense en date du 5 avril, spécifie que le commandant doit défendre l’ouvrage par tous les moyens en son pouvoir et y tenir à tout prix ; mais que les organes protégés du fort doivent être utilisés surtout par la défense de la ligne dont fait partie l’ouvrage. Il y a lieu en conséquence d’en réserver soigneusement l’emploi pour le moment voulu et de ne pas compromettre les tourelles par un usage prématuré qui risquerait de les déceler aux coups de l’artillerie lourde ennemie.

Cette consigne n’envisageait nullement la présence dans le fort d’éléments étrangers à sa garnison.

Cependant, dès les premiers jours d’avril, il y eut à Froideterre un état-major de brigade, un état-major d’artillerie de secteur, des agents de liaison, un poste de secours. Des locaux étaient encombrés à un tel point que le commandant du fort devait loger avec ses hommes ; le poste de secours, où fréquemment on apportait des hommes blessés ou tués dans le voisinage, était installé avec une partie de la garnison dans une autre chambre, tandis que 4 chambres étaient occupées par les états-majors et les agents de liaison.

Cette situation déplorable à tous les points de vue, ne pouvait durer ; par ordre du 29 avril du général commandant l’Armée, ces éléments étrangers durent quitter l’ouvrage, mais ce ne fut que vers le 10 mai que cette évacuation fut complètement réalisée.

 

Bombardement de l’ouvrage

Dès le début de la bataille de Verdun, l’ouvrage de Froideterre fut soumis à des bombardements quotidiens et généralement violents souvent faits avec des obus de gros calibres. Il ne se trouvait d’ailleurs qu’à 3.500 m environ du front français. Dès les premiers jours d’avril, la superstructure de l’ouvrage était en très mauvais état ; il en était de même du réseau: la grille était fortement endommagée. Un projectile de 210, tombé sur le corps de garde non bétonné, avait détruit en partie la voûte ; plusieurs autres avaient fait des éraflures sur le béton de la caserne et sur celui de la casemate de Bourges.

On avait été amené à faire des boyaux allant de la caserne aux tourelles et à la casemate; malheureusement, le bombardement était tellement intense que ces boyaux étaient à refaire presque chaque jour. Il en était de même du boyau d’accès au fort.

Les dégâts allaient d’ailleurs en augmentant ; le corps de garde, déjà fortement éprouvé en avril, ainsi que le magasin de l’artillerie, non bétonné, situés de chaque côté de la tourelle de 75, furent détruits dans le courant de mai. Sous l’effet des vibrations dues aux éclatements des projectiles, la citerne du fort fut fissurée, et l’eau s’écoula dans le sol ; on dut doter l’ouvrage de caisses d’eau étanches.

Pour diminuer les dangers résultant de la circulation dans les boyaux constamment bombardés et pour augmenter la capacité des logements à l’épreuve, on étudia la création de galeries fortement protégées, faisant communiquer la caserne avec les autres organes du fort. Le projet fut établi le 31 mai ; les travaux commencèrent quelques jours après, mais ne purent être poussés qu’assez lentement, en raison de la nature du sol et du peu d’hommes disponibles.

Cependant l’ennemi faisait des progrès à l’ouest de Douaumont Au commencement de juin, il était tout près de la ferme de Thiaumont et occupait le ravin de la Dame; le 14 il se rapprochait encore de cet ouvrage et menaçait la crête Thiaumont-Fleury.

Aussi le même jour, le général commandant l’Armée précisait-il la mission de l’ouvrage de Froideterre. Il importe dit-il, «de tout faire pour conserver le plus longtemps possible un ouvrage dont la chute produirait une impression fâcheuse dans le pays; l’ouvrage, s’il est investi, doit se défendre, et tout doit être fait pour le dégager par des contre-attaques.

Il peut jouer un rôle considérable par l’action de sa casemate et de ses tourelles, ces organes peuvent tirer sur les réserves ennemies, gêner la circulation des renforts, l’établissement de batteries etc…

Le commandant de Froideterre est avant tout le défenseur de ses tourelles et de sa casemate. Il importe, pour que celles-ci puissent jouer leur rôle, qu’à moins d’ordre donné exceptionnellement elles n’entrent en action que si l’ouvrage est investi. A cette condition seulement, on peut espérer qu’elles ne seront pas démolies par du gros calibres et qu’elles pourront jouer leur rôle important quand le moment sera venu».

Attaque de l’ouvrage

Au 1er juin, l’état du fort avait empiré, le réseau de fil de fer n’existait plus à la gorge et était en fort mauvais état sur les autres faces ; la grille était presque complètement démolie.

Les talus, la cour intérieure, tous les terrassements étaient extrêmement bouleversés. Les locaux bétonnés avaient bien quelques éraflures, mais leur solidité n’était pas compromise. Les tourelles fonctionnaient.

Outre ses canons et ses mitrailleuses sous tourelles, l’ouvrage avait encore pour sa défense propre 8 mitrailleuses St-Etienne.

La garnison comprenait :

- 1/2 Cie du 326ème R.I. composée de 2 officiers et 50 hommes environ.

- 1/2 Cie (la 119ème) de mitrailleuses de position, composée de 1 officier et 24 hommes.

- 1 détachement de la 10ème Cie du 5ème R.A.P. composée de 35 hommes.

- 1 détachement de la Cie 25/3 du génie composé de 13 hommes.

- 1 médecin auxiliaire, un infirmier prêtre et 6 infirmiers brancardiers, colombophiles, signaleurs, etc… soit en tout, avec le commandant du fort, 4 officiers et 130 hommes.

 

Il était difficile de ravitailler l’ouvrage même la nuit, sous le bombardement incessant, qui avait nivelé jusqu’au boyau d’accès. Il avait heureusement un approvisionnement de vivres et de munitions pour 15 jours.

Il se trouvait alors à 1.700 mètres en arrière du point le plus rapproché de la 1ère ligne. Le bombardement s’intensifia les 21 et 22 juin, et des obus de très gros calibres (305 et 380) furent lancés sur l’ouvrage. Le 21 juin, on compta sur la superstructure 500 obus dont 100 de gros calibres. Parmi eux 30 tombèrent sur le casernement bétonné.

L’un d’eux perça la voûte bétonnée du couloir des casemates près de la chambrées du milieu pour 44 places en tuant 5 hommes et en blessant 4 ; un autre devant la chambrée voisine, ne traversa pas la voûte, mais y détermina, à la partie inférieure, un ménisque de 0,10 de hauteur sur 4 à 5 mètres de diamètre. La dalle, à l’aplomb du mur de la façade de la caserne fut dégradée sur une certaine longueur, soit par le dernier obus, soit plutôt par d’autres. Un autre projectile vint éclater sur le béton de la tourelle de mitrailleuses de droite, sous l’avant-cuirasse et le désagrégea sur une assez grande profondeur. Un autre tomba sur la casemate de Bourges, à l’aplomb du mur de façade de la chambre nord, et désagrégea sur 0,40 à 0,50 de profondeur les couches supérieures du béton. La partie inférieure de la dalle présentait un ménisque assez fortement accusé.

A partie de 19 heures, le 22 juin, et pendant toute la nuit, l’ouvrage fut soumis à un tir intensif d’obus lacrymogènes et d’obus asphyxiants ; plusieurs hommes de la garnison furent intoxiqués.

Dès le point du jour, ce tir cesse et fut remplacé par un tir très violent d’obus de gros calibres. Un obus tombe sur la cloche de l’observatoire cuirassé en causant une grave commotion au lieutenant observateur qui dût être remplacé.

A ce moment, toutes les communications téléphoniques étaient détruites : trois barrages interdisaient l’accès du terrain aux coureurs, la liaison optique était tentée en vain avec le fort de St-Michel. Il ne restait plus au commandant du fort, pour assurer sa liaison vers l’arrière, que des pigeons voyageurs, c’est à eux qu’il eut recours.

Dans la matinée, vers 8 heures, l’artillerie allemande cesse brusquement le tir. Cependant rien d’anormal n’est constaté aux environs du fort. Ce n’est qu’un moment après que le capitaine Dartigues, commandant de l’ouvrage, aperçoit sur la crête Thiaumont-Fleury, qu’il croyait toujours en notre possession, des formes suspectes importantes qu’il évalue à un bataillon. Il alerte sa garnison et organise la défense. Les abords et le dessus du fort seront battus par les tourelles de mitrailleuses, et, s’il y a lieu, mais sur ordre spécial, par la tourelle de 75. Un détachement défendra le dessus de la caserne, au cas où les tourelles ne pourraient suffire. Les 4 sections de mitrailleuses dont dispose l’ouvrage sont placées derrière chacune des 3 portes de la caserne, protégées par des murs de sacs à terre, et la 4ème à l’entrée de la tourelle de 75 face à la gorge.

Ces mitrailleuses doivent interdire l’accès de la cour et de l’intérieur du fort.

Un peu avant neuf heures, l’observateur et le commandant du fort aperçoivent nettement un groupe d’Allemands, fort d’environ 60 hommes, venir de Thiaumont dans la direction de Froideterre, à une certaine distance en arrière, marchent des forces plus nombreuses, et enfin ce qui reste du bataillon semble demeurer derrière les crêtes. Les troupes françaises ont dû sans doute se replier dans les ravins au nord et au sud de Froideterre, car on n’aperçoit aucun défenseur entre les ouvrages de Thiaumont et de Froideterre.

Les tranchées entre ces deux ouvrages ont d’ailleurs été nivelées par le bombardement. Rien ne peut donc arrêter la marche de l’ennemi ; vers 09 heures, le commandant du fort, envoie un pigeon voyageur signalant l’approche des Allemands.

Il les laisse se rapprocher, de façon à pouvoir les faucher plus sûrement avec les mitrailleuses de sa tourelle.

Le trajet qu’ils suivent est tel qu’ils ne peuvent être sous le feu de la tourelle de gauche. Vers 10 heures, ils arrivent sans avoir été inquiétés au pied du glacis du fort, croyant sans doute la garnison anéantie.

A ce moment, le chef de la tourelle de mitrailleuses de droite reçoit l’ordre d’ouvrir immédiatement le feu. La tourelle s’élève, mais ne peut tourner, elle est immobilisée par les débris de béton et de terre qui, à la suite des bombardements du matin et du coup reçu la veille sur son massif bétonné, sont restés dans les rainures. Dans leur précipitation, les hommes coincent davantage encore la tourelle et ne peuvent la faire fonctionner.

Pendant ce temps, les Allemands continuent leur marche vers l’ouvrage ; quelques-uns contournent la caserne bétonnée vers le sud, d’autres montent dessus et jettent des grenades sur la caserne et dans la cour ; l’une d’elles tombe dans le trou fait l’avant-veille par un projectile dans la voûte du couloir, devant les chambrées de 44 places; elle met le feu à des fusées et à des grenades préparées pour la défense ; une explosion assez violente en résulte, et un commencement d’incendie, vite éteint, se déclare dans la caserne.

Le lieutenant bavarois Ludovic Karl, du 16° Bavarois, qui dirigeait l’attaque, croyant que le commandant du fort faisait sauter l’ouvrage, fait terrer ses hommes au pied du talus.

Une certaine hésitation se produit à ce moment chez les Allemands, ce qui permis sur l’ordre exprès du commandant du fort au sapeur télégraphiste NEYTON Albert de traverser la cour pour allez donner l’ordre au chef de la tourelle de 75, d’ouvrir le feu sur la superstructure. Cette tourelle, mise en action , tire alors 116 boîtes à mitraille sur les fantassin allemands sur l’ouvrage, ainsi que sur les autres groupes ennemis qui se rapprochaient du fort. En même temps, la mitrailleuse St-Etienne placée devant la porte d’entrée de la tourelle de 75, ouvre le feu sur les Allemands qui, ayant contourné la caserne, arrivent dans la cour du fort. Une vingtaine est tuée, les autres reculent de trou d’obus en trou d’obus et se terrent aux abords du fort.

 

Vers 10 heures, le commandant du fort, avait envoyé un second pigeon voyageur porteur du message  suivant :

”Fort encerclé – Mitrailleuse de tourelle malheureusement coincée au dernier moment. Les Boches montent sur le fort, mais comptez sur nous, nous tiendrons jusqu’au bout.”

 

A 11 heures, il envoyait un troisième pigeon :

Tourelle de 75 a dégagé le fort, mais situation critique. Prière envoyer contre-attaque. Esprit de tous excellent. Nous tiendrons jusqu’au bout.”

 

Vers midi, la tourelle de mitrailleuses, enfin décoincée de l’extérieur, peut tirer quelques coups et tuer 2 ou 3 Allemands cachés dans des trous d’obus. Elle arrête son feu, car à ce moment arrivent le 297° et le 114° Chasseurs Alpins qui font prisonniers une partie des ennemis terrés dans les trous d’obus et repoussent jusqu’à 700 mètres les troupes importantes qui se rapprochaient de l’ouvrage.

Ces troupes appartenaient aux 11° et 12° Cie du 10° Bavarois.

L’officier qui commandait le 1° détachement, blessé, et fait prisonnier, avait en sa possession le plan des dessus et des dessous de l’ouvrage et des indications sur les épaisseurs des dalles et des murs.

L’attaque du 23 juin avait été déclenchée entre le bois Nawé et la Laufée ; des régiments des 1° et 3° Corps Bavarois étaient engagés dans la région de Thiaumont et avaient pour mission de s’emparer de l’ouvrage de Thiaumont et du fort St-Michel.

L’effort maximum de toute l’attaque allemande était porté sur la région Thiaumont-Froideterre-Fleury.

Les Allemands, malgré la bravoure de nos troupes, parvinrent à se rendre maîtres de Fleury, et poussant vers l’ouest, réussirent à s’emparer de toute la partie supérieure du ravin des Vignes, et à y rester malgré nos contre-attaques.

Mais ils furent arrêtées par l’ouvrage de Froideterre toujours debout, malgré les projectiles de gros calibres, en nombre considérable, avec lesquels ils avaient espéré l’écraser, et ce que n’avaient pu faire l’héroïsme de nos troupes et la fortification de champ de bataille, la fortification permanente le fit : l’ennemi ne put passer et vit détruit à jamais le plan audacieux qu’il avait conçu d’aller attaquer le fort St-Michel et d’entrer à Verdun.

 

Les défenseurs de Froideterre avaient obéi, avant de l’avoir reçu, à l’ordre du général commandant l’Armée daté du 23 juin adressé aux soldats de l’armée de Verdun :

”A l’Armée de Verdun.

L’heure est décisive.

Se sentant traqués de toutes parts, les Allemands lancent sur notre front des attaques furieuses et désespérées dans l’espoir d’arriver aux portes de Verdun, avant d’être attaqués eux-mêmes par les forces réunies des armées alliées.

Vous ne les laisserez pas passer, mes camarades.

Le pays vous demande encore cet effort suprême ; l’Armée de Verdun ne se laissera pas intimider par les obus et par cette infanterie allemande, dont elle brise les efforts depuis 4 mois ; elle saura conserver sa gloire intacte.”

 

L’ouvrage de Froideterre, était après l’action, entouré à 5 ou 600 m seulement par les lignes allemandes au nord-est, à l’est et au sud.

Les vues de l’ennemi sur le ravin des Vignes et sur celui du Pied Gravier rendaient son ravitaillement des plus difficiles et des plus périlleux.

Il était à prévoir que l’attaque ennemie qui avait échouée le 23 juin serait reprise sans tarder.

 

Bombardement de l’ouvrage après le 23 juin

Le bombardement reprit intense dès le lendemain.

Le 24 juin, un obus vin exploser sur la cloche de l’observatoire au moment où le capitaine Dartigues s’y trouvait. Ce dernier ressentit une violente commotion et on dût le faire doubler par le capitaine Motte avant de l’évacuer pour rupture de tympan et dépression nerveuse. Après quelque temps de repos, le capitaine Dartigues revint au service des forts. Mais ses séjours à Froideterre l’avaient considérablement fatigué ; il ne s’en remit jamais complètement et mourut le 22 octobre 1917.

A la suite des bombardements auxquels fut soumis l’ouvrage, l’observatoire de la casemate de Bourges fut rendu inutilisable ; le 28 et le 29 juin, les 2 tourelles de mitrailleuses furent aussi dégradées. Un obus de gros calibre (305 probablement) vint tomber sur le béton de la tourelle de gauche au-dessus de l’avant-cuirasse et dut exploser à l’intérieur du béton, car le mécanisme de la tourelle ne fut pas endommagé, seul le cône à friction était desserré. La tourelle était en outre coincée par les débris de béton. Elle fut immédiatement remise en état.

A la tourelle de droite, un obus de gros calibre vint exploser sur la calotte, les tôles de doublage refluèrent à l’intérieur ; un bras du croisillon fut cassé, le chariot support de mitrailleuses fut faussé, et son support, ouvert. Le 2 juillet, les tôles étaient partiellement resserrées, le chariot et son support étaient suffisamment  ajustés pour permettre la manœuvre des mitrailleuses ; malgré la rupture d’un bras, le croisillon était assez rigide pour permettre de donner le mouvement de rotation ; la tourelle pouvait tirer, mais n’avait plus la même solidité qu’auparavant.

Le bombardement s’intensifia le 30 juin, ainsi que pendant la période du 04 au 12 juillet, pendant laquelle des obus de gros calibres furent lancés sur l‘ouvrage. Dans la nuit du 10 au 11, les Allemands tirèrent sur toute la côte de Froideterre un nombre considérable d’obus lacrymogènes de 77, 105, 150 qui ne produisirent aucun effet sur la garnison du fort. Le 1er au matin, se déclencha une attaque allemande importante dans le secteur Fleury-La Laufée ; l’ouvrage de Froideterre n’eut pas à intervenir.

Des projectiles de gros calibres continuèrent à être envoyés fréquemment sur l’ouvrage. Le 26 juillet, un obus de 305 tomba sur la tourelle de mitrailleuses de droite qui avait déjà été endommagée lors du bombardement du 22 juin. Cet obus perça l’avant-cuirasse suivant un trou de près de 0,50 de diamètre et vint éclater à l’intérieur de la tourelle. Le doublage de la calotte fut défoncé, le croisillon entièrement cassé, la colonne creuse faussée et la tourelle inclinée sur le côté. Le ventilateur et ses accessoires furent mis hors service.

La réparation de la tourelle ne parut pas possible à ce moment ; elle n’aurait pu être entreprise que si l’on avait pu travailler à l’extérieur de la tourelle et transporter facilement les pièces de grands poids qu’il y avait à réfectionner.

Les 2 mitrailleuses furent cependant retirées ; on put les remettre en état dès le 09 août ; l’une d’elles fut affectée au fort des Sartelles et l’autre au fort d’Haudainville auxquels manquaient des mitrailleuses.

Bien que certaines actions locales soient venues dégager un peu depuis le milieu de juillet l’ouvrage de Froideterre, celui-ci n’était cependant qu’à 1000 ou 2000 mètres des lignes allemandes.

Thiaumont était toujours entre les mains de l’ennemi et nous étions à peine aux lisières est de Fleury. Cette situation de l’ouvrage l’exposait aux bombardements de l’ennemi, qui furent surtout violents pendant la période du 3 au 12 septembre, où les positions de Vaux-Chapitre et de Vaux-Régnier, situées à moins de 3 km vers l’est furent l’objet de nombreuses attaques et contre-attaques.

Ce fut pendant cette période qu’un obus, tombant à proximité d’un observatoire cuirassé de l’ouvrage, vint briser la circulaire obturatrice de cet organe. Elle du être remplacée.

Le fort ne fut sérieusement dégagé vers l’est qu’après notre offensive victorieuse du 24 octobre qui repoussa les lignes allemandes jusqu’à 3 ou 4 km de Froideterre.

Il fut cependant encore violemment bombardé les 10, 13 novembre ainsi que le 14 décembre. Le lendemain, notre nouvelle offensive augmentait encore d’une façon sensible la distance séparant Froideterre des lignes allemandes. Cette distance atteignait 4 à 6 km.

Aussi, les bombardements de l’ouvrage diminuèrent d’intensité. Si, en janvier 1917, le fort reçut encore sur sa superstructure 480 projectiles de calibres divers, il n’en reçut que 20 en février, 80 en mars, 60 en avril, et une cinquantaine en moyenne par mois depuis le 1er mai 1917.

Ces projectiles n’eurent guère d’effet que sur les terrassements.

 

Travaux exécutés à l’ouvrage de Froideterre

L’expérience a montré qu’il était indispensable d’assurer d’une façon absolument sûre une communication entre la caserne bétonnée et les différents organes du fort. On travailla donc les premiers jours de juin 1916 à l’installation de cette communication que l’on creuse en galerie de mine  à 10 ou 12 m en dessous du sol naturel. On commença aussi la création d’un tunnel d’accès aboutissant à cette communication et devant avoir aussi la même protection. En même temps, on creusa sur le trajet de cette communication, quelques alvéoles pour loger une partie de la garnison ou pour y recevoir des approvisionnements. Un d’entre eux fut transformé en citerne.

 

Etat actuel du fort.

Les terrassements sont bouleversés. La grille qui entourait le fort, n’existe plus ; le réseau qui était complètement détruit, a été refait sur 10 m d’épaisseur.

La tourelle de mitrailleuses de droite, qui était inutilisable, a été remise en état, en novembre 1917, après un mois environ de travail. Les autres tourelles fonctionnent parfaitement. Les cuirassements portent les traces d’un certain nombre de projectiles, sur la calotte de la tourelle de 75, on remarque 8 à 10 points d’impact d’obus ou de gros éclats, les dégradations les plus importantes n’ont pas plus de 10 à 12 millimètres de profondeur. Les coupoles de mitrailleuses ont aussi quelques éraflures, de dimension tout à fait comparable.

La cloche de l’observatoire de droite porte de même les traces de quelques projectiles, une entre autre un peu au-dessus des œilletons, de forme circulaire, d’environ 0,20 de diamètre et de 0,10 de profondeur.

La casemate de Bourges est armée et peut tirer, une des chambres à cependant besoin de quelques réparations.

Le couloir desservant la caserne bétonnée a souffert du choc des projectiles ; on le répare en novembre1917. La caserne bétonnée elle-même a reçu pas mal d’obus. Aucun n’a traversé les voûtes, les entonnoirs les plus grands faits dans le béton semblent n’avoir pas plus de 0,40 à 0,50 m de profondeur, aussi les chambres sont-elles encore habitables.

En résumé, l’ouvrage de Froideterre constitue un ouvrage sérieux, renfermant d’excellents abris et n’ayant rien perdu de ses qualités actives, en raison du bon fonctionnement de sa tourelle de 75, de ses tourelles de mitrailleuses, de sa casemate de Bourges et ses observatoires cuirassés.

Fin 1917-1918, une casemate en béton  pour mitrailleuses est construite à la place de l’observatoire bétonné de la casemate de Bourges. Le réseau de galeries de 17 creusé sous l’ouvrage pour relier les différentes parties à l’épreuve atteint  480 mètres de long. L’ensemble est électrifié pour l’éclairage et la ventilation des locaux grâce à des groupes électrogènes.

 

Cette victoire stoppa la progression allemande sur ce secteur, elle permit aussi de montrer l’utilité de la fortification moderne quand elle est utilisée dans les conditions auxquelles elle est prévue.

Les dégâts des bombardements sur le casernement le 23 mai 1917

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

Les dégâts des bombardements sur le fossé de l’ouvrage le 23 mai 1917

© BDIC Fonds des albums Valois - Département de la Meuse

Tourelles de mitrailleuses (droite et gauche)

Extérieur: Bon état béton réparé pendant la guerre

Intérieur: Bon état

 

Casemate de Bourges

En assez bon état intérieurement et extérieurement

De 1931 à 1933, le réseau de galeries de 17, sera en grande partie bétonné avec du ciment de laitier afin de ne pas fragiliser les fondations de l’ouvrage en cas d’effondrement de ses galeries qui étaient soutenues depuis la Grande Guerre avec des renforts en bois.

En juin 1940, la tourelle de 75 est incendiée par l’armée française avant la reddition de l’ouvrage.

Aujourd’hui, l’ouvrage de Froideterre est d’accès libre, les dessus sont dégagés, ce qui montre bien les traces laissés par les bombardements. Le réseau de galerie de 17 est fermé par les sites naturels de Lorraine au profit des chauves souris et l’accès à l’intérieur du fort reste interdit car il n’est pas sécurisé.

Tourelle de 75 R05

Extérieur: Béton décapé et fers apparents

Intérieur: Les piédroits sont fortement fissurés. Il existe des fissures importantes dans le trou d’homme

 

Observatoire cuirassé de droite

Extérieur: Béton décapé et fers apparents

Intérieur: Fissures importantes

 

Observatoire cuirassé de gauche

Extérieur: Bon état béton réparé pendant la guerre

Intérieur: Bon état

Le casernement de l’ouvrage. Cliché VAUBOURG Julie

Photo allemande de la tourelle de 75 pendant le seconde guerre Mondiale.

Collection Lionel PRACHT

La tourelle de mitrailleuses près du casernement. Cliché VAUBOURG Julie

Détail de la chambre de tir de la tourelle de mitrailleuses ouest. Cliché VAUBOURG Julie

 

1905 à 1910

1910

Pièces de rempart de l’ouvrage

4 canons de 95

Aucune pièce de rempart

Cuirassements et casemates

1 tourelle de 75R 05

2 tourelles de mitrailleuses

1 casemate de Bourges

2 observatoires cuirassés

2 guérites blindées

Défense des fossés

La défense des fossés s’effectue depuis le parapet aux fusils ou à la mitrailleuse

Nb de pièces

12

8

Dates de construction

Coût des travaux en 1893

 

Effectif prévu

· 1887 - 1888

· 95 412 Frs

 

· Aucun

Armement de l’ouvrage fin 1915

· 1 tourelle de 75R 05 armée de quelques obus

· 2 tourelles de mitrailleuses armées avec quelques munitions

· 1 casemate de Bourges désarmée sans munitions

Armement de l’ouvrage en 1917

· L’ouvrage est réarmé de mitrailleuses et de fusils mitrailleurs pour la défense rapprochée

· 1 tourelle de 75R 05 armée et réapprovisionnée en munitions

· 2 tourelles de mitrailleuses armées et réapprovisionnées en munitions

· 1 casemate de Bourges armée est réapprovisionnée en munitions

Garnison normale prévue de l’ouvrage en 1914

 

· Infanterie : 1 officier et 93 soldats

· Artillerie : 4 sous-officiers et 10 soldats

· Auxiliaires des places fortes : 6 hommes

· Génie : 1 officier et 5 sapeurs

· Télégraphie : 2 sapeurs pour le réseau électrique

· COA : Aucun

· Service médicaux :  Aucun

· Gardien de batterie : Aucun

· Soit un effectif de 1 officier et 121 soldats

Répartition de la garnison en 1914 à la première heure renforcée par l’article 40 de la loi du 21 mars 1905

 

· Infanterie : 1 officier et 69 soldats du 164ème RI

· Artillerie : 71 soldats du 5ème régiment d’artillerie à pied

· Génie et services divers : Aucun

· Soit un effectif de 1 officier et 140 hommes

Coût des travaux en 1914

Capacité du casernement à l’épreuve

Capacité des casernement en maçonnerie

Capacité du magasin à poudre

Capacité du magasin aux cartouches

 

 

· 1 100 000 Frs

· 142 places couchés et 200 places assises

· Aucune

· Pas de magasin à poudre

· 4 magasins à munitions à l'épreuve

Cuisine

Boulangerie

Puits et citernes

Pont de l’entrée principale

· 1 cuisinière de marque François Vaillant

· Pas de boulangerie

· 2 citernes de 160 m3 alimentées par les eaux des chapes

· Aucun pont d’entrée

Communication liaison optique

 

Communication télégraphe électrique

 

 

Eclairage en 1914

· Un appareil de calibre 14 ou de 24 en réserve à la place peut être affecté à l’ouvrage si nécessaire.

· Avec le fort de Souville et la citadelle de Verdun grâce à un appareil microphone système Ader et un morse de campagne modèle 1907

· Lampes à pétrole pour l’intérieur de l’ouvrage et lampes à bougie pour les tourelles